
"Le prix du sexe se mesure à l'effort quantifiable qu'une partie est prête à consentir afin d'inciter l'autre à s'engager sexuellement. Cela peut signifier lui payer un verre ou une bague de fiançailles. Ces comportements varient selon leur coût pour l'homme, et c'est ainsi que nous quantifions le prix du sexe." Ça a l'air bien cynique, comme ça, mais c'est très sérieux. Il s'agit d'une citation de Kathleen Vohs, professeure de l'Université du Minnesota, qui s'intéresse au marketing, à la psychologie sociale et à nos rapports à l'argent. Elle développe une théorie intéressante : les relations entre hommes et femmes ont tendance à se simplifier et à sauter les étapes des multiples dates pour aller directement à ce qui nous intéresse franchement, le cul. En France, décadents comme nous sommes, on connaît bien, mais dans une nation aussi puritaine que les Etats-Unis, cela induit un gros changement : les hommes paient moins pour obtenir du sexe. Nous ne parlons pas, bien entendu, des rapports tarifés. Mais du quart des jeunes femmes américaines qui affirment coucher dès la première semaine qui suit la rencontre avec un homme. Et des 30% de jeunes hommes qui affirment, eux, qu'il leur arrive régulièrement d'avoir du "plain sex", sans aller boire un coup ou aller au cinéma, juste du sexe. Résultat : les hommes seraient plus habiles à obtenir ce qu'ils cherchent, plus exigeants aussi, sans pour autant s'engager. Dans un marché très concurrentiel comme l'université, où la majorité des étudiants sont des étudiantes, c'est la loi de la jungle darwinienne, à celle qui sera la plus capable de satisfaire un mec le premier soir.Après les études, la chasse continue dans la jeune vie active, et la stratégie pour conquérir un homme inclut maintenant de partager l'addition. Parce qu'il peut très bien aller voir ailleurs, parce qu'il a internet pour rencontrer pleins d'autres filles qui ne lui feront pas débourser un kopeck, et que s'il en a marre, il a toujours le porno pour s'autosatisfaire. Clairement, les temps sont durs, la crise est là, et pour le romantisme, on repassera.