
La décision d'UBS de lever le secret bancaire pour ses clients américains, en février 2009, devait marquer un tournant. En réalité, les banques suisses n'ont jamais accueilli autant d'argent étranger depuis 2007.
Les attaques répétées ces dernières années contre le célèbre secret bancaire suisse, en provenance de l'Allemagne, de la France, des Etats-Unis ou de l'OCDE, n'ont eu guère d'effet, révèle le quotidien suisse Le Matin, qui reprend une estimation de Bloomberg. L'affaire UBS devait pourtant lui avoir porté un coup fatal. Suite à une procédure de la justice américaine, la banque d'affaire avait admis "avoir aidé des contribuables américains à cacher des comptes bancaires au fisc".
En conséquence, elle acceptait de payer 780 millions de dollars (615 millions d'euros) et de "livrer immédiatement à Washington les identités et les informations bancaires des clients américains d'UBS". Une première, présentée à l'époque comme "une décision historique" par Daniel Lebègue, de Transparency International France, dans les colonnes de Libération.
Or, les "retraits d'argent chez UBS sont l'arbre qui cache la forêt", affirme Le Matin. Depuis 2007, les étrangers ont déposé près de 230 milliards d'euros dans des établissements bancaires suisses. Les fonds perdus par UBS (185 milliards d'euros) ont été récupérés par ses concurrents, poursuit le journal francophone. En prime, 44 milliards d'euros supplémentaires sont donc venus garnir les coffres forts de la Confédération Helvétique. Le Credit Suisse, Pictet et la Banque Sarasin étant les grands gagnants de l'opération.
"Les banques privées suisses ont été totalement sous-estimées par ceux qui pensaient qu'elles vivaient là leurs derniers jours", analyse un consultant londonien cité par Bloomberg. "Même si, comme beaucoup, elles ont été heurtées par la récente crise financière et boursière, elles prouvent que leur modèle d'affaires reste intact. Mieux: qu'elles vont croître encore."
Les banques suisses semblent par ailleurs confiante quant à leurs perspectives de croissance, notamment en Asie et au Moyen-Orient où l'on souhaite aussi profiter de la légendaire discrétion helvétique.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco