
Pendant que la classe politique s'étripe à propos d'une hypothétique légalisation ou dépénalisation du cannabis à coups d'arguments fumeux et pas très pertinents, de nouvelles substances pourraient déferler massivement sur la France dans les années à venir. Plus toxiques que la plante verte, les drug designers battront en brèche le débat actuel.
En s'appuyant sur l'actualité, Georges Moréas, commissaire principal honoraire de la Police nationale et auteur du blog Police et cetera, révèle que le Canada fait figure d'outsider dans l'industrie des drogues synthétiques. A le lire, on a le sentiment que tous les ingrédients sont réunis pour créer une franchise canadienne de la série Breaking Bad. Du côté de Toronto, la police est face à une véritable déferlante de nouvelles substances. Le boum économique intéresse grandement les gangs et les organisations criminelles. Les laboratoires, parfois nichés au coeur d'entreprises, ont pignon sur rue, comme le précise Georges Moréas. Produites sur place, ces drogues peuvent ensuite être commandées aux quatre coins du globe en quelques clics via internet.
Au pays du sirop d'érable, les jeunes préfèrent ces nouvelles drogues synthétiques à la cocaïne, l'héroïne ou bien encore le cannabis. Elles ont un effet proche de leurs grandes soeurs, mais leur structure moléculaire n'est pas la même. Autre avantage et pas des moindres : ces structures ne seront pas répertoriées au tableau des stupéfiants avant six mois ! Elles sont donc hors de tout cadre juridique pendant la moitié d'une année civile (voire plus) avant d'être prohibées. Le "cuisinier" a donc toujours deux molécules d'avance sur le législateur.
Un peu comme pour le nuage de Tchernobyl, la France est pour le moment (relativement) épargnée par rapport à d'autres pays européens : Royaume Uni, Tchéquie, Pologne. Cependant, comme peut l'apprendre l'article de 20 minutes, les quantités saisies ces dernières années commencent à augmenter. Si la méphédrone, aujourd'hui interdite, trouve sa place dans la liste des stupéfiants, cette dernière s'allongera dans les années à venir tant les possibilités offertes par la chimie pour modifier des molécules sont vastes.
Sans parler du danger pour le consommateur en bout de chaîne qui ne sait plus trop ce qu'il gobe, cette nouvelle vague met aussi les autorités face à un autre phénomène que l'on pourrait nommer le deal 2.0. Achetées via internet, même s'il est possible de se procurer des substances telles que les Bath salts aux USA dans des boutiques, elles circulent anonymement dans le flux des colis jusqu'à la boîte des consommateurs.
Par Le Yog