Ce matin sur Canal Plus, Maurice Leroy expliquait que nombre d'élus locaux rejoignaient son parti, le Nouveau Centre, créé à la suite des dissensions entre François Bayrou et ses parlementaires. Le Nouveau Centre (NC) est d'ailleurs le négatif parfait du Modem. Il a des élus (dont 21 députés) mais pas de base là où le Modem souffre de ne pas pouvoir transformer son succès public en sièges de responsables. On peut se risquer à interpréter le ralliement de maires et de conseillers municipaux (si ralliement il y a) comme l'aubaine pour ces élus locaux de rejoindre le camp victorieux de la
Sarkozie et profiter localement du label présidentiel sans trop se mouiller avec l'UMP.
Mais toujours sans réel écho dans la population, le Nouveau Centre se doit aussi de trouver une position politique originale. La question budgétaire tombe donc à point nommé.Toute la campagne de l'UDF unie avant le premier tour de la présidentielle portait sur l'équilibre des finances publiques et la réduction de la dette. Les quelque 41 milliards qui plombent le budget 2008 ne donnent pas le signe d'une volonté de maitriser le déficit et sont l'occasion pour les centristes de jouer une partition connue. "Ce budget n'est pas raisonnable", estime dans le Figaro François Sauvadet. "Il n'est pas votable" va juqu'à dire Maurice Leroy avant de prendre peur devant sa propre audace, " mais il ne s'agit pas de voter contre". On a eu peur. Blague à part le Nouveau Centre peut difficilement trop la ramener avec trois ministres dans le gouvernement comme tente de leur rappeler Hervé Morin.
Au mieux laisse t-on planer l'abstention possible de quelques téméraires. Le NC a également imaginé deux amendements qui réduiraient de 4 milliards le déficit programmé. Le premier concerne la réduction du nombre dede niches fiscales, le second porte sur les allègements de charges sociales envers les grandes entreprises. Celles-ci ayant peu d'effet sur l'emploi les centristes prévoient d'en supprimer 2 milliards. Et de mettre toute la majorité d'accord.
"Ce serait un signe fort " résume Leroy. Envers le gouvernement bien sur mais aussi envers les électeurs en vue des prochaines municipales. Le Nouveau Centre serait l'allié constructif et fidèle d'un exécutif moderne et ouvert. On en pleurerait. Le Modem aussi qui n'a pas trouvé encore de second souffle. Et qui n'arbitrera pas autant qu'il l'espère le scrutin de mars 2008. Il est à craindre que la fuite des électeurs connue entre les Présidentielles et les législatives se poursuivent.
Sur le plan stratégique, François Bayrou est en train de vivre son état de grâce avec la réforme institutionnelle : ses quelques députés suffiraient à l'opposition à réunir les deux cinquièmes de parlementaires nécessaires pour bloquer la réforme. A négocier avec François Hollande il risque de plus en plus de passer pour un classique opposant. Sans revers essuyé par le gouvernement cette position ne lui garantit rien de bon pour l'avenir.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida