Ni bonnet rose, ni rose bonnet". Avec son sens marqué de la formule, Jean-Marie Le Pen a donc renvoyé dos à dos Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Ce choix du ni/ni fait évidemment le jeu du candidat de l'UMP qui aurait été bien embarrassé d'un ralliement objectif du Front national. Mieux vaut siphonner son électorat san rien dire, se donner l'ivresse sans toucher le flacon. Depuis dimanche, Sarkozy ne cesse de dire que lui, le fils d'immigré, ne peut être soutenu par le leader frontiste qui l'attaque ouvertement. Ne spéculons pas sur un éventuel accord secret entre les deux formations mais il reste évident que l'abstention est évidemment bénéfique à la droite : quand on a cinq points d'avance toutes les voix des autres candidats qui ne filent pas chez l'adversaire sont de votre côté, même les votes blancs. Si tous ceux qui n'ont pas voté Royal ou Sarkozy au premier tour ne votent pas au deuxième, ce sera Nicolas Sarkozy le président.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
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