
Crédité d'un peu plus de 2% des voix lors de la législative partielle dans les Yvelines, Maxime Rouquet, le tout premier candidat pirate de France, ne "prévoit pas de consignes officielles" pour le second tour qui opposera l'UMP Jean-Frédéric Poisson à l'écologiste Anny Poursinoff.
Maxime Rouquet et son suppléant Laurent Le Besnerais lors d'une réunion à Rambouillet
Le zèle du Numerama
Fidèle son crédo apolitique, le Parti Pirate préfère donc faire "confiance aux électeurs" (quelques centaines) qui leur ont accordé leur suffrage, dimanche, dans la 10e circonscription des Yvelines, laissée vacante par Christine Boutin. Un communiqué ambigu du PP* semblait pourtant inviter ses sympathisants à se reporter sur la coalition de gauche menée par Anny Poursinoff (20,15%) face au gros score réalisé par Jean-Frédéric Poisson (43,93%), comme l'annonçait Numerama. Que nenni.
"Il y a eu une mauvaise interprétation de la part de Numerama", assure Maxime Rouquet. "Pour l'instant, nous n'avons pas pris de position. C'est une décision difficile car on ne veut pas être étiquetés. Suite à l'annonce des résultats à Rambouillet, j'ai pu m'exprimer en premier ayant obtenu le score le plus faible, et j'ai rappelé pourquoi nous étions opposé à la loi Hadopi. Ce à quoi Mme Poursinoff a rétorqué qu'elle aurait voté contre Hadopi si elle en avait eu l'occasion. Mais Jean-Frédéric Poisson n'a pas voté le texte non plus."
Le PP compte tout de même diffuser dans la semaine "une explication de vote sur la position de Poisson, et son appartenance à l'UMP". "Nous regrettons qu'il n'ait pas voté contre Hadopi", glisse Rouquet, affirmant par ailleurs qu'il ne serait "pas présenté dimanche" si le candidat UMP avait plus clairement pris position contre Hadopi. Une manière de rappeler que le Parti Pirate veut, pour l'heure, se limiter "aux questions internet".
"Un message envoyé aux parlementaires"
Le résultat enregistré dimanche est en tout cas encourageant pour le PP, même si les 2% en question ne représentent que 472 voix en raison d'un taux de participation extrêmement bas (22%). "Nous avons pu prouver que les idées et les thèmes défendus par le Parti Pirate étaient importants pour les Français. Ce dans une campagne que nous avons réalisé sans tracts ni affiches. 2%, c'est un début très prometteur. Nous avons envoyé un message fort aux parlementaires." Le parti pirate suédois avait dû se contenter d'un petit 0,6% lors de sa première sortie électorale.
Au-delà de ce bilan réjouissant, les Pirates de France doivent encore régler leurs querelles internes pour ne pas nourrir les critiques sur le manque de sérieux de ces militants en herbe. Comme la récente affaire du piratage du PPF (Parti Pirate français), qui a annoncé son vrai faux retrait. "C'est effectivement quelque chose qui peut nous handicaper", reconnait Maxime Rouquet. "Nous nous sommes réunis avec le Parti Pirate Canal Historique. Le Parti Pirate français est lui plus une démarche personnelle d'un étudiant de Sciences Po. On a démontré qu'on était sérieux." Un discours policé trahi par une petite pique lancée au sujet du hackage du PPF, "dû aux faibles compétences techniques des membres du parti qui n'a pas bien sécurisé son site."
* "Le vote de dimanche prochain opposera la gauche, unie derrière la candidate des Verts (20,15 + 12,44 + 9,58 + 4,72 = 46,89%), au candidat de l'UMP (43,94%) qui ne peut compter que sur une fraction du report des voix de l'extrême droite (4,05 + 3,08 = 7,13%). Le choix pour le second tour des électeurs qui avaient confié leurs voix au Parti Pirate sera décisif, et pourrait faire basculer cette circonscription historiquement acquise à la majorité" (voir le communiqué complet)
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco