Voie sans issue. Le Mouvement démocrate ne pouvait prétendre à une représentation digne de son élan présidentiel à l'assemblée nationale. Alors qu'il totalisait 18,5 % des voix au premier tour 22 avril dernier, François Bayrou n'aura réussi à reporter que 7, 76 % des voix sur ses candidats aux législatives. Les projections en siège martelées dans tous les medias depuis deux semaine et créditant le Modem de quatre ou cinq députés auront découragé les nouveaux et très volatils électeurs centristes. Seuls Bayrou lui-même et Jean Lassalle dans les Pyrénées Atlantiques lui aussi, sont bien placés pour garder leur siège. Les quelques sortants UDF qui font la traversée en solitaire avec le Béarnais ont été sanctionnés dans les urnes, Gilles Artigues dans la Loire et Anne-Marie Comparini. Thierry Benoit en Ille-et-Vilaine, Jean-Marie Cavada dans le Val-de-Marne et Elisabeth Doineau dans la Mayenne peuvent se maintenir également mais sans succès assuré.La plupart d'entre eux auront besoin des voix de la gauche comme Jean Lassalle qui avec 29,54 % des suffrages est en ballotage défavorable face à l'UMP Hervé Lucbereilh (31,36 %); Jean-Pierre Domecq avec 19,86 % des voix y sera sans conteste l'arbitre du second tour. Quoique la question est loin d'être tranchée au niveau des instances nationales du parti socialiste : alors que Ségolène Royal souhaite rencontrer François Bayrou pour négocier des désistements, François Hollande affirmait ce matin à France Info que les socialistes se maintiendraient partout où ils le pourraient, ce que démentait Julien Dray moins d'une heure plus tard en expliquant qu'il ne fallait pas faire barrage au Modem dans certaines circonscriptions.
Bref, c'est le retour de cette étrange danse du centre qui consiste à alterner pas en avant et recul immédiat, art que maitrise lui aussi parfaitement François Bayrou qui a indiqué qu'il réfléchirait au calme et au cas par cas. Le leader centriste a quelques atouts pour d'éventuelles négociations : dans le quatorzième arrondissement, Marielle de Sarnez a obtenu 18,37 % des voix qui seront bien utiles à Yves Cochet pour être réélu dimanche prochain. Mario Stasi a réuni 13,47 % dans la première circonscription de Paris où Martine Billard la députée (les Verts) sortante est en ballotage défavorable.
Pour finir, une consolation pour nos (nombreux) lecteurs centristes : avec près de 8 % des voix, le Modem est tout de même la troisième force politique du pays.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida