Lapsus et godwin pour Eric Besson et Yazid Sabeg

27/01/2009 - 11h21
Lapsus et godwin pour Eric Besson et Yazid Sabeg
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Dans le langage politique comme ailleurs, le lapsus révèle souvent plus que la déclaration la mieux assumée. Surtout quand il s'agit d'évoquer les questions d'immigration et d'intégration qui exigent des précautions oratoires accrues et stressantes.

 

Dimanche, manifestement sous pression, Eric Besson commettait un lapsus malheureux : "La France a été et est toujours une terre d'immigration. C'est vrai des temps anciens, tout le monde le sait, des grandes invasions. C'est vrai du XIXème et du XXème siècle, avec les Italiens, les Polonais, d'autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu à la fois une invasion... euh, une immigration de provenance d'Afrique et du Maghreb (...)" "non pas une invasion, qu'il n'y ait pas de lapsus sur le sujet".

 

L'air de rien le ministre de l'ouverture exprimait le refoulé national qui voit dans toute immigration essentiellement une forme d'agression. La simple dénomination du ministère dédié, "de l'immigration et de l'identité nationale" rappelle assez que cette dernière est à protéger des incessantes attaques extérieures. On comprend mieux ainsi qu'on souhaite moins intégrer qu'assimiler, diluer et que, lapsus, évidemment, il y a.

 

 

 

 

Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l'Égalité des chances auprès du Premier ministre, craint d'ailleurs les effets potentiellement destructeurs de cette vision. Mais lui exprime clairement ses opinions. Quelques jours avant le lapsus bessonien il déclara qu'on "était en train de créer une guerre civile sociale dans ce pays". Cette guerre, "communautaire", serait selon lui la conséquence d'un sillon qu'on avait creusé. Et nous amènerait même à l'apartheid.

 

A trop vouloir faire entendre son discours et calculer ses effets, on dit souvent n'importe quoi , tout l'inverse du lapsus, qui, lui, révèle de manière impromptue ce qu'on aurait bien gardé pour soi.Sabeg désamorce la portée de son discours en utilisant des références qui mériteraient qu'on lui attribue un point Godwin.

 

A moins qu'il chercha à nous dire, inconsciemment lui aussi, que le tout nouveau ministre de l'Immigration était bien parti pour piloter une "politique de développement séparé affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques".(Wikipedia)

 

 

 

Par Daniel De Almeida

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