La politisation des municipales, piège pour Sarkozy ?

11/01/2008 - 12h35
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Politiser or not politiser les élections municipales ? Lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a indiqué que la question ne se posait pas. Selon l'argument simple qu'en cas d'échec ce dernier lui serait imputé.Donc autant se retrousser les manches et tenter de gagner. C'est le constat de Sarkozy : si l'UMP joue aussi la carte politique, elle fédèrera les siens, sinon seule l'opposition mobilisera. Ce n'est pas idiot mais éminemment risqué.

 

Car si les électeurs sont parfois tentés d'adresser un camouflet au pouvoir exécutif via un scrutin qui n'a rien à voir, le féliciter via ce même scrutin n'est pas automatique. "Plus, au contraire, "le" jugement est favorable et plus les élections sont localisées, "dégouvernementalisées", et les évolutions constatées varient d'une ville à l'autre en fonction des considérations communales de personnes et d'enjeux.", explique le politologue Jean-Luc Parodi.

 

Ainsi la popularité de l'Exécutif aurait très peu d'effet d'entraînement positif et serait au mieux un agent neutre. Il est vrai qu'en 1995 les élections municipales n'ont pas été un raz-de-marée de la droite malgré l'état de grâce du président Jacques Chirac élu un mois plus tôt. Six ans plus tard, la gauche plurielle ne fera pas non plus un carton monumental, si ce n'est à Lyon et Paris.

 

 

 

Donc mieux vaut ne pas trop politiser et se battre localement puisque c'est là que cela se jouera. C'est ce qu'indique Jean-Pierre Raffarin ce matin : "la mobilisation de l'opposition est toujours plus forte (...) est donc important de veiller à ce que la politique locale ne soit pas systématiquement un enjeu national sinon on mobilise surtout le camp adverse". (via Reuters) Lui qui connut la déroute des régionales de 2004 se dit que la côte de popularité de Sarkozy sera plus mauvaise d'ici mars prochain.

 

Ce matin, ce vieux briscard de Laurent Fabius ne s'y est d'ailleurs pas trompé, appelant la masse des mécontents à attribuer "un carton jaune" à l'Exécutif. Au coude à coude avec la droite dans les sondages, Il n'y a que l'opposition qui trouve avantage dans tous les cas à nationaliser le débat.

 

Par Daniel De Almeida

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