
Au royaume d'Arabie Saoudite, le nouvel homme fort n'est pas forcément celui qu'on croit. Ce qui est frappant avec le nouveau roi Abdallah, c'est sa ressemblance quasi-clonique avec son prédécesseur Fahd : même âge canonique (plus de 80 ans), même barbichette, même embonpoint remplissant la même longue tunique blanche, même chevelure noire impeccable sous la même coiffe de satin ondulé... C'est assez sympa finalement, ça leur donne un côté vieux calife sage et renfermé, mais pas trop inquiétant.Lui, à côté, c'est différent. La presse française n'en a presque pas parlé mais il y a dix jours, le prince Turki ben Faisal, 57 ans, a quitté son poste à Londres pour devenir le nouvel ambassadeur saoudien à Washington. Il remplace ainsi le prince Bandar ben Sultan, ambassadeur aux Etats-Unis depuis 22 ans et plus connu des fans de Michael Moore sous le nom de "Bandar Bush". Le prince Turki n'est ni vieux, ni gros et, sur le site du ministère des affaires étrangères de son pays (photo), on peut voir à son look qu'il n'ambitionne guère de se la jouer vieux calife. La cerise sur le gâteau, c'est qu'il a dirigé les services de renseignement saoudiens entre 1977 et 2001, aidant à ce titre la CIA à constituer des groupes de moudjahidines afghans (et puis la suite, Ben Laden, etc.). En savoir (un peu) plus sur ce personnage appelé à jouer un rôle majeur dans les prochaines années, c'est, par exemple, là.
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