C'est Jack Lang, furax contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui suggérait cela ce matin sur RTL : une démission collégiale de la direction nationale du parti socialiste. Bien sur, l'argument sert surtout à descendre les deux hiérarques mais l'idée n'est pas idiote. Depuis la présidentielle et malgré le sursaut aux législatives, le parti socialiste n'est pas capable d'articuler quoi que ce soit d'audible, si ce n'est l'étalage des divisions internes. Les héros sont fatigués et ne retrouveront pas de second souffle de sitôt : même si le parti a surtout des problèmes de fond, sur la question de ses valeurs et la manière de les faire vivre aujourd'hui, sur sa méthode pour être au fait des changements qui agitent la société et nécessitent la redéfinition de certaines analyses et pratiques politiques et sur son propre fonctionnement interne. Mais l'éternel retour du même et la promesse de toutes les défaites qu'il nous reste à vivre qu'incarnent Hollande ou Ayrault est un problème en soi. Attendre un échec du gouvernement pour gagner quelques mairies aux prochaines municipales est une prière mais certainement pas une stratégie. Attendre l'automne 2008 pour réformer c'est se condamner à repousser l'autocritique constructive et laisser les réglements de compte se faire par media interposés.
Même s'il ne s'agissait que de communication et il ne s'agit pas que de cela, la plupart des responsables devraient lâcher la barre du navire. Regardons à droite : deux ans après le référendum européen et trois ans après des élections régionales de sinistre mémoire, Jean-Pierre Raffarin, premier ministre à peine plus populaire qu'un huissier de justice n'est pas revenu au premier plan - il n'y a que lui qui croit le contraire. Même s'ils étaient actifs et sincères - et ce n'est pas le cas - dans l'analyse de l'échec, les dirigeants actuels du parti sont grillés et leur médiatisation tournera toujours (comme dans cette notule) autour de l'idée d'une lente agonie. Croire qu'on peut distinguer la question du leadership et celle de la transformation politique est un leurre.
Reste une épineuse question : qui a la trempe aujourd'hui pour incarner la rénovation avec force et conviction ? Dominique Strauss-Kahn va avoir un poste à dimension internationale qui sera probablement l'aboutissement de sa carrière. Après avoir été Hillary Clinton pendant six mois, Ségolène Royal va peut-être devenir Edith Cresson pour les dix prochaines années. Laurent Fabius ne sera jamais président de la République tout le monde le sait. Reste Bertrand Delanoë qui fait une fixette sur Epinay et l'union de la gauche mais n'incarne pas non plus un renouveau renversant. Les quadragénaires ambitieux qui doivent fomenter des putsch virtuels quotidiennement dans leurs rêves, Manuel Valls, Arnaud Montebourg..., brillent moins par leur renouvellement du discours que par leur envie d'en être. Aïe...On croit abattre un arbre en mauvaise santé et on découvre la forêt de ses semblables juste derrière. Et vous ? Vous avez des noms ?
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse