La délinquance baisse ? Voici la recette. Lettre à M.Valls

14/08/2012 - 11h45
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Aux USA, malgré la sanglante fusillade d’Aurora dans un cinéma et le fleurissant business des armes à feu, le taux de criminalité chute. Différentes théories tentent d’expliquer cette tendance observée ces vingt dernières années.

Entre 1992 et 1996, le chômage a reculé de deux points et dans le même temps une baisse des vols (9 %), des viols (14 %) et des agressions (30 %) est enregistrée.

Mais les chercheurs Rudolph Winter-Ebmer et Stephen Raphael notent que si les cambriolages baissent, les crimes violents augmentent.

L’alcool est en cause. Durant une période prospère, sa consommation est plus élevée, et il ne faut pas oublier que le breuvage est un moteur pour basculer dans la violence une fois ivre.

L’emploi est un facteur pour faire baisser la délinquance et l’avortement possède aussi des vertus selon l’économiste Steven D. Levitt. Il aurait favorisé une baisse du crime.

Un enfant non désiré a un plus grand risque de tomber dans la criminalité. Et comme la légalisation de l’avortement réduit les naissances non souhaitées, par conséquent le nombre de bad boys en devenir chute.

Le chercheur affirme que le crime a baissé une génération après la légalisation de l’avortement. Autorisé dans les années 1970, il a empêché la naissance d’une population de criminels potentiels. Ils auraient été en âge de se lancer dans les affaires en 1990.

La théorie de la fenêtre cassée

Dernier point pour expliquer les bons résultats des USA : la théorie de la fenêtre cassée.

Enoncée en 1982 dans un article de George Kelling et James Wilson publié dans The Atlantic, elle a été adoptée par les policiers et le milieu psy.

Tous s’accordent sur le raisonnement suivant : si la fenêtre d’un immeuble est cassée et n’est pas réparée, elle sera finalement complètement détruite.

Et comme personne ne la répare, cela revient à dire dans le fond que l’on peut continuer à la fracasser et celles qui sont à côté subiront le même sort. A New York, en combattant le vandalisme, le taux de criminalité a baissé rapidement dans le courant des années 1990.

Réparer une fenêtre est la seule solution ?  Non. Franklin Zimring, professeur de Droit, souligne également que l’effectif de la police de la ville a augmenté de 35% à la même période. Un argument de taille pour calmer les ardeurs des criminels.

Les chercheurs qui étudient la baisse du nombre de crimes pensent que l’action combinée de ces théories pourrait expliquer le phénomène.

Via : io9.com

Par Guillaume Roche
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