
Facebook a perdu 6 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis. Pas de panique, la progression du réseau social demeure exponentielle dans le reste du monde.
Selon la dernière mise à jour publiée ce week-end, nous serions donc 687 millions sur Terre à glander au moins une fois par mois sur Facebook. 11,8 millions de plus que lors du comptage du mois de mai, lui-même en progression de 13,9 millions par rapport à avril. Autant dire que la petite baisse d'utilisateurs enregistrée en mai aux Etats-Unis (-6 millions), au Canada (-1,5 millions) et dans quelques pays européens (Grande-Bretagne, Russie, Norvège) ne doit pas encore donner d'insomnies à Mark Zuckerbeg.
Facebook va bien, merci
Alors certes, la croissance de Facebook ralentit en comparaison aux 20 millions de nouveaux membres engrangés chaque mois par le site au cours de l'année 2010. De là à déjà prédire la chute du super réseau social, en dressant des parallèles douteux avec Myspace, il y a un pas que personne n'ose franchir pour l'instant. Mais la presse a quand même plus mis avant le recul de FB en Occident que sa progression dans le reste du monde (voir capute d'écran de google news ci-dessous). Ce qui est de bonne guerre à défaut d'être pertinent. De juin 2010 à juin 2011, le nombre d'utilisateurs de Facebook a cru de 45% dans le monde, dont 18% aux Etats-Unis. Sacré dégringolade, non ?

Il n'y a donc rien d'alarmant à ce que Facebook perde quelques utilisateurs là où il s'est implanté en premier. En Amérique du Nord et en Europe, FB est arrivé à saturation. Tous les clients potentiels sont déjà inscrits, et il est naturel qu'un certain nombre arrête de se connecter régulièrement ou ferme carrément leur compte. On a tous dans nos amis FB des gens qui n'y vont presque jamais (mais si, ces gros nazes qui ne répondent pas à l'évènement que vous avez créé et qu'il faut joindre un par un par téléphone comme en... 2005) et ils ne sont pas une grosse perte pour le site.
En attendant la Chine...
L'information importante, c'est que Facebook continue à croitre grâce aux pays émergents. Du Brésil à l'Argentine, en passant par la Turquie ou la Thaïlande, les inscriptions progressent. Et les marges de manoeuvre restent énormes. A titre de comparaison, la France compte à peu près autant d'utilisateurs (22,5 millions) que des nations nettement plus peuplés comme les Philippines (24,5), l'Inde (26,6) ou le Mexique (25,6). Avec le développement de l'accès à internet, ces pays seront les prochains eldorados Facebook.
Surtout, il ne faut pas oublier que Facebook n'a toujours pas le droit de s'implanter en Chine, marché qui lui permettrait d'atteindre rapidement le milliard d'utilisateurs dans le monde. La firme de Palo Alto n'a pas abandonné cet objectif, même si "cela pourrait compromettre sa réputation aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays", note Eric Eldon de Inside Facebook. Un argument tout de même un peu bancal. Si les occidentaux boycottaient les entreprises qui fricotent avec la Chine (c'est-à-dire à peu près toutes), ça se saurait.
En attendant son introduction en bourse, pressentie pour le premier trimestre 2012 avec une valorisation qui pourrait atteindre les 100 milliards de dollars, Facebook pète toujours la forme. Et il faut vraiment avoir une dent contre Zuckerberg pour imaginer sa chute prochaine.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse