La Guerre de Sécession du côté des dents

20/09/2012 - 10h36
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Historien, et accessoirement Docteur en chirurgie (entre autres), Xavier Riaud aime étudier les conflits passés par le prisme du métier de dentiste.

Après avoir étudié pendant une quinzaine d’années la guerre de 1939-1945, Xavier Riaud a jeté son dévolu, toujours par le côté la dent, sur la guerre de Sécession. Après L'influence des dentistes américains pendant la Guerre de Sécession, publié en 2006 chez l’Harmattan, il récidive avec Les dentistes américains dans la guerre de Sécession (1861 – 1865).

Durant ce conflit qui a déchiré les USA à propos de la question de l’esclavage, la situation du dentiste n’est pas fameuse. Ces derniers, au Sud comme au Nord, ont dû s’imposer pour faire reconnaître leur discipline. Certains se sont volontairement engagés, et pas forcément employés dans un premier temps à une besogne médicale, ils soignaient le troupier quand ils le pouvaient. Les dentistes se débrouillaient avec leur propre matériel. L’armée américaine ne créera un service dentaire qu’en 1901.

Le livre a le mérite de mettre en lumière certains moments de la guerre de Sécession. On peut notamment parler de Thomas W. Evans, dentiste personnel de Napoléon III. Cet Américain a convaincu l’Empereur de ne pas intervenir dans le conflit en soutenant le Sud.

On apprend également qu’une mauvaise hygiène buccodentaire pouvait être un motif sérieux pour éviter l’armée. "La perte conséquente des dents, spécialement des incisives, ainsi que les caries et l’ulcération, ou le ramollissement des gencives de façon chronique, doivent entraîner une exemption. (…) Les dents de devant sont nécessaires au soldat pour déchirer ses cartouches et les molaires pour mastiquer la nourriture, ce qui permet une bonne digestion." Un aspect toujours valable de nos jours.

Le livre de Xavier Riaud regorge détails, comme le prix de la brosse à dent qui coûtait 10 dollars confédérés alors que le soldat n’en touchait que dix-huit. Certains réfractaires à la Grande muette s’arrachaient les dents pour ne pas être enrôlés quand d’autres larrons en profitaient pour prodiguer des soins qui tiennent du charlatanisme. Le prix d’un acte dentaire était cher en ces temps de guerre.

On découvre également la dèche généralisée dans le Sud à cause de l’embargo maritime des Yankees qui n’aide pas les quelques dentistes de la Confédération à se procurer le matériel pour soigner. Et signe que les temps "changeaient", peu après le conflit, en 1869, le premier Afro-Américain était diplômé d’une école dentaire.  

Via : L'Harmattan

Par Guillaume Roche
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