
Rappelez-vous, il y a un an de ça, on était quand même plus excités que maintenant. On avait plein de questions existentielles dans la tête quand aux promesses qui se dessinaient, du genre "bon, iPad ou iSlate ?", et on attendait une baffe comparable à celle de l'iPhone, une révolution aussi percutante en termes d'usages.
Aujourd'hui, on a largement eu le temps de vérifier nos thèses fumeuses sur le succès de l'iPad, comme sur son utilité limitée. Grands enfants un peu hypocrites que nous sommes, on a tous touché, un peu coupables, celui du beau-frère, ou, pire, collé les gosses au rayon BD de la Fnac pour aller caresser sensuellement l'engin, qui sait jouer avec nos sens, il faut bien l'avouer.
L'iPad 2 vient d'être dévoilé par un Steve Jobs qui semble péter la forme après son 32ème congé maladie. Les actionnaires décrispés, les annonces techniques (cernées pas mal de temps à l'avance) ont été méthodiquement débitées : dual-core, nouvel OS, caméras de chaque côté, couverture magnétique de dingue... l'iPad 2 comble tranquillement tout ce qui manquait à son aîné, et améliore... Ah, on me dit dans l'oreillette qu'il n'y a toujours pas de Flash.
Bref, on ne doute pas une seconde du bien-fondé technique de cet appareil, qui semble assouvir les rêves les plus fous des technophiles friqués. Les poches moins pleines se rabatteront d'ailleurs sur les solutions offertes par le système de Google, Android, qui équipe nombre de tablettes low-cost. Et puis bon, on n'a pas l'intention de piquer le job de nombre de sites techniques, qui ont couvert la keynote à merveille.
La question qui nous taraude, toujours la même au final, est avant tout la suivante : on nous bassine avec l'iPad et les usages qui sont censés s'inventer autour de l'objet, mais, nom de nom, ça sert à quoi ? Toujours aussi grand et, de fait, peu pratique d'utilisation pour les tâches multimédia, pas vraiment moins lourd, la mutation n'a pas arrangé le vrai point noir de la bête : son utilité en tant que telle. Et pour le coup, c'est bien cette satanée couverture à 80 dollars qui finit par être la meilleure évolution de l'appareil, promis à un bel avenir économique, mais dont on ne saisit toujours pas bien à quoi il pourrait servir. D'utile, on entend, pas juste le caresser pour faire défiler les applications pour le plaisir. Il y a la Fnac pour ça.
Éclairez-nous, donc.
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Par Mathias Riquier Follow @PencilKz
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