L'exemple allemand de la gauche radicale

25/05/2007 - 11h54
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L'exemple allemand de la gauche radicale
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

 

Le Linkspartei et la Wasg ont donc fusionné la semaine dernière comme on s'y attendait depuis des mois. Les deux formations allemandes de la gauche radicale représentent désormais unies au sein de Die Linke un potentiel électotal non négligeable que le SPD de Kurt Beck peut craindre. Le 17 juin prochain, lors d'un congrès fondateur, Lothar Bisky etOskar Lafontaine devraient prendre la tête d'une présidence bicéphale. Une première tentative d'alliance avait permis de recueillir quelque 8,7 % des voix aux législatives de septembre 2005. L'alliance est d'ailleurs le quatrième parti du Bundestag et la nouvelle fusion pourrait lancer une implantation dans les gouvernements des Lander où le SPD recule. Usé par le pouvoir et les compromis sociaux-democrates, le SPD a suscité une forte déception dans les classes populaires et chez certains de ses cadres ( c'est là-dessus que prospère le WASG) et flouté ses propres repères idéologiques (à l'inverse le Linkspartei a réussi le pari d'un néocommunisme rénové). Tout ceci ne vous rappelle rien ?

La gauche française qu'elle soit radicale ou modérée vit aujourdhui une crise politique comparable à celle qui a bouti à la recomposition politique outre-Rhin. Des socialistes comme Henri Emmanuelli ont d'ailleurs publiquement conspué la séparation des antilibéraux français entre gauche radicale et aile gauche « noniste » du PS. Si ce dernier implose après la déculottée prévisible des législatives, l'union des forces de la gauche de la gauche pourrait s'envisager. Pour l'heure celle-ci achoppe encore sur quelques réalités comptables : le PCF présente des candidats en son nom pour obtenir le maximum de voix ( l'Etat reverse 1,63 € par voix aux partis et par an durant la législature) idem pour la LCR d'Olivier Besancenot, plutôt soulagée avec ses 4,3 % obtenu à la présidentielle dans un contexte d'effondrement du vote extrême gauche. José Bové et ses partisans ne désespèrent pas non plus de créer un vrai mouvement. Pourtant ce qui se passe actuellement en Allemagne est bien plus riche d'enseignement que les coalitions acrobatiques à l'italienne (sur lesquelles on glose beaucoup)dans lesquellles se retrouvent des partis qui ne partagent finalement pas grand-chose et pas seulement sur le plan économique. Face au principe de la cogestion, irmprobable à l'italienne ou de contestation stérile et isolée à la française, la gauche de la gauche allemande espère être la voix décomplexée de la transformation sociale. L'exemple est tout de même à méditer.

 

 

Par Daniel De Almeida

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