L'arithmétique complexe des antilibéraux

05/12/2006 - 15h30
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L'arithmétique complexe des antilibéraux
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

Décidément les antilibéraux vont avoir du mal à se choisir un candidat. La méthode du double consensus - qui nécessite la conjugaison du choix des délégués des collectifs et du vote de tous les 08 et 09 décembre prochain - rend l'exercice ardu, mais très démocratique. A l'intérieur même du système les choses se compliquent encore : ainsi 137 procès-verbaux de désignation ont été envoyés à la direction nationale pour l'instant (un tiers du total environ). 66 se prononcent pour une candidature de Marie-George Buffet, 37 pour celle de Clémentine Autain, 29 pour Yves Salesse, 5 vont même jusqu'à soutenir José Bové alors que celui-ci n'est plus candidat. La candidate communiste a donc une belle longueur d'avance mais reste fortement contestée. Premièrement parce que ses adversaires estiment que le parti communiste français, monte des collectifs bidons grâce à une infrastructure militante plus performante  que celle des autres. Le parti pratiquerait donc les bonnes vieiiles techniques éprouvées de l'entrisme et du noyautage. Ensuite, certains estiment que s'il faut un consensus authentique, le vote sur un nom (dis moi quel est le meiileur) est moins pertient que le vote préférentiel (classe les candidats par ordre décroissant d'estime). Si on privilégie la deuxième approche, Clémentine Autain et Yves Salesse dominent le scrutin. Le paradoxe étant que le vote préférentiel mettrait alors en tête deux candidats que personne ne préfère dans l'absolu mais que tout le monde estime moyennement (vous suivez là?)

Pour la petite histoire, le monde de l'édition connaît à l'occasion un problème du même ordre : les comités de lecture privilégient parfois le consensus mou et on édite dans la foulée les livres les moins détestés - mais qui alors les achètera ? A l'inverse, d'autres préfèrent un enthousiasme profond, même moins consensuel, mais qui permettrait aux auteurs sélectionnés de trouver leur public, si modeste soit-il.  Ainsi Marie-George Buffet, improbable best-seller de l'élection à venir, est pourtant celle susceptible d'obtenir les 5 % - a fortiori si Olivier Besancenot persiste à jouer seul. Mais alors les antilibéraux n'auraient servi que de rabatteurs pour des communistes en panne d'inspiration. D'un autre côté, un candidat moins polémique à l'intérieur  mais moins connu prendrait probablement une plus grosse veste. L'impitoyable loi du marché en somme...

Par Daniel De Almeida

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