
Nos amis du Tiers-Monde sont décidément de bien curieuses et insondables personnes. Gildas Le Lidec, l'ambassadeur de France fraîchement désigné (depuis 5 mois) à Madagascar en a fait les frais pas plus tard qu'hier, après que le président malgache Ravalomana a demandé et obtenu de Paris sa révocation (baptisée "rappel" dans le jargon diplomatique). Gildas Le Lidec qui n'avait rencontré le président que de manière très fugace depuis son arrivée sur l'Ile aurait été accusé par le Président Malgache, pourtant considéré comme un homme moderne (bien qu'un tantinet superstitieux) d'attirer le mauvais oeil, la scoumoune, la poisse, la lose. Gildas Le Lidec, qui n'est pas Bob Denard, présente en effet la particularité d'être dans tous les bons coups depuis quelques années : il était ambassadeur de France à Kinshasa lors du mystérieux assassinat de Laurent-Désiré Kabila et à Abidjan, lorsqu'un coup d'état éclata visant à renverser Laurent Gbagbo.
Il se raconte que Gildas Le Lidec est un poissard de première : qu'il perd régulièrement plusieurs euros à la loterie nationale et mise parfois sur le mauvais cheval. Une recherche étendue sur le net a permis de repérer quelques unes de ses nombreuses tares. Gildas fréquente depuis plusieurs années, en qualité de président d'honneur de l'association, un mystérieux groupe baptisé les Bretons du Japon, sorte de société secrète qui noue des liens ésotériques entre Tokyo et la Celtarmorique. Gildas célèbre des messes à base de gui et collectionnerait les petits bateaux dans des bouteilles de verre.
En Côte d'Ivoire, il avait ouvertement pris parti pour un camp et saboté sa propre carrière. "Selon des sources autorisées, Gildas Le Lidec a été pris de remords sur certains actes qu'il a posés et qui ont contribué davantage à enfoncer le processus de paix. Le diplomate français en poste à Abidjan, depuis fin 2002, a déclaré à ses confidents, avoir hypothéqué sa carrière, en raison de ses accointances avec le régime des refondateurs et ses appuis au président Laurent Gbagbo."
Son attitude lui avait valu la plus grande suspicion, un rappel quasidisciplinaire et d'être marqué au fer rouge sur le continent. Son arrivée à Madagascar avait été pré-vendue en ce sens. Le poste à Madagascar faisait office, pour lui, de fin de carrière après un passage au Japon, mouvementé (des menaces de copinage avec des tokyoites maçons avaient circulé sur un curieux site de vigilance et d'action républicaine ) au Cambodge et dans quelques autres pays. Le Lidec, derrière son allure d'homme tranquille, avait acquis (par pure coïncidence) une réputation assez sulfureuse. ().
A l'unisson et parce qu'on n'aime pas les ambassadeurs qui s'appellent Gildas, on s'écriera juste : BIEN FAIT POUR LUI, FALLAIT PAS COMMENCER.