
WASHINGTON (AFP) - Sous la pression des organisations de la droite religieuse, les parlementaires américains viennent d'adopter une loi multipliant par dix le montant des amendes infligées aux réseaux publics, en cas d'obscénités ou de propos indécents et profanes (???) entre 06H00 et 22H00 : jusqu'à 325.000 dollars par infraction, contre 32.500 auparavant.
Exemples de scènes visées : le langage cru des militaires du film "Il faut sauver le soldat Ryan", les nudités suggestives dans un reportage, un mot "indécent" prononcé par un chanteur de rock, des scènes à connotation sexuelle ou les vulgarités dans les séries "Desperate Housewives", "New York Police Blues" et "Friends".
"Je suis impatient de voir le prochain documentaire 'Frontline' à propos des soldats américains en Irak, où le langage le plus corsé après une explosion sera: 'zut, ça fait mal'", écrit Vince Horiuchi, chroniqueur TV dans une tribune du Salt Lake Tribune. "Vous ne pouvez pas dire 'merde' parce que c'est grossier mais vous pouvez dire 'caca' car c'est idiot mais cela veut dire la même chose", a expliqué Timothy Jay, professeur de psycho-linguistique.

Saluée comme une victoire pour "les valeurs familiales" par le président George W. Bush, la nouvelle loi est née du scandale du Nipplegate en 2004. Plus d'un million de plaintes pour un sein dévoilé un bref instant ! Depuis, les râleurs se multiplient. Pour les seuls trois premiers mois de 2006, la FCC dénombre plus de 275.000 plaintes et près de 4 millions de dollars d'amendes. Mais, pour le groupe d'intérêt TV Watch, qui comprend les chaînes NBC et CBS, "la grande majorité de ces plaintes émanent d'une poignée de gens poussés par des activistes et non par les téléspectateurs eux-mêmes".
De fait, 75% des Américains apparaissent favorables à un renforcement des mesures, mais à peine un tiers se disent "personnellement" inquiets par le sexe et la violence à la TV, selon une étude du centre Pew de mars 2005. En outre, près de la moitié (48%) estime que l'intervention du gouvernement dans l'industrie du divertissement est plus dangereuse que le contenu même des programmes.
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse