
L'homme de Néandertal, disparu il y a 28 000 ans, n'est pas tout à fait mort. Entre 1 et 4% du génome des populations eurasiennes viendraient de ce cousin d'Homo sapiens, selon une étude scientifique publiée dans la revue Science.
Jusqu'ici simple hypothèse scientifique, les liens de parenté entre Néandertal et l'homme moderne se précisent un peu plus. Après quatre ans d'efforts, des chercheurs du monde entier ont achevé le séquençage du génome de Homo neanderthalensis, espèce qui vécut de 250 000 à 28 000 avant notre ère en cohabitation avec Sapiens. C'est-à-dire nous.
Si l'étude confirme ce que l'on savait déjà - Néandertal est une espèce distincte de Sapiens -, elle révèle des échanges génétiques bien plus importants que ce qu'on avait imaginé.
"Ils ne sont pas totalement éteints. Ils vivent encore un peu dans certains d'entre nous", affirme le professeur Svante Paabo, directeur de l'Institut Max Planck de Leipzig, qui réunit près de 60 chercheurs internationaux. Oui, il y a bien eu interfécondité entre Néandertal et Sapiens. Autrement dit métissage.
"C'était une probabilité, mais je suis surpris par la quantité. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'on atteigne 4 % (de gènes communs)", reconnait John Hawks, un autre chercheur interrogé par la BBC.
L'étude démontre par ailleurs que ce fricotage inter-espèces a été limité géographiquement à l'Eurasie, les populations issues d'Afrique ayant moins de similitudes génétiques avec Néandertal. Il aurait eu lieu vers - 80 000 ans, et non il y a 35 000 ans comme certaines théories l'avançaient.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco