Volontaire, déterminé, Nicolas Sarkozy serait donc conforme à l'image qu'il veut donner : un type pragmatique debout sur l'accélérateur - il a dit, il fait, inutile de tergiverser. L'opposition la plus performante à ce dynamisme ne vient certes pas du parti socialiste, ni même des sénateurs ou de Dominique de Villepin.
Non, la seule personne qui se dresse impeccablement face à cette agitation permanente c'est Cecilia Sarkozy. Il aime l'Amérique, elle décline l'invitation à bouffer du couple Bush. Il souhaite modifier la constitution pour s'exprimer devant le Parlement elle ne répondra pas aux questions d'une commission parlementaire. Il court les medias, elle ne va même pas chez Michel Drucker qui reçoit pourtant sa soeur Rachida Dati. Mutisme contre verbiage. Absolu insaisissable contre simplicité commune.
Tout le monde lui mange dans la main ou presque, elle le ridiculise en refusant d'emménager à l'Elysée. Elle ne va pas à Sofia avec lui. elle ne joue pas le jeu. Metro-First lady vs uber-president.
Parce qu'il y a Cecilia, Nicolas Sarkozy ressemble à un cadre supérieur qui fuit par le travail l'angoisse que lui procure sa vie privée personnelle merdique. Son ardeur de jeune loup et la confiance en lui qu'il respirait ont pourtant marché, sacrément même, au début. Les adversaires les plus craints et respectés finissaient par renoncer.
Même charles Pasqua ne vit pas le squale lui ravir le territoire. Il enleva une femme plus belle et plus classe que lui, volée d'un regard en plein mariage.
Mais les années passent et les ennuis surgissent aussi surement que l'embonpoint. Nicolas bosse plus pour gagner plus et dépenser plus mais il peut bien se ruiner en Prada et Rollex, les artifices les plus couteux lui donnent l'air d'un artisan inculte qui a gagné au loto.
Une vamp au bras et des manières de voyou séducteur et viril, il rêvait d'être le genre de type qu'incarnait Al Pacino. Je suis Tony Montana. En le regardant on comprend qu'il ait pu y croire; et puis on repense à sa femme et on se dit que finalement le cinéma des années 1980 aurait plus surement attribué son rôle à Gérard Jugnot. Allez courage. T'es un killer Bertier.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida