Ghesquière raconte sa détention : \"Si tu me touches, je te mets un coup de boule\"

05/07/2011 - 10h02
Ghesquière raconte sa détention : \"Si tu me touches, je te mets un coup de boule\"
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Hervé Ghesquière livre un impressionnant récit de sa captivité à l'AFP. D'abord on y apprend que la sortie que Stéphane Taponier et lui effectuèrent le jour de leur enlèvement avait été préparée. Les deux journalistes souhaitent à l'époque faire quelques images de l'axe Vermont, une route en voie de goudronnage censée désengorger Kaboul par le nord-est. "On a une Corolla blanche (voiture la plus répandue en Afghanistan), on est habillés en Afghans avec des patous (couverture de laine portée sur l'épaule), des pakols (couvre-chef en laine)", se souvient-il.Les deux reporters passent plusieurs check-points et filment différentes images, notamment celles de la construction d'un pont. Ils croisent ensuite un blindé de l'armée française dont les membres indiquent qu'ils n'ont pas été au-delà.

 

Des Talibans armés - prévenus par un "infiltré" qui se trouvait à un check-point de le police afghane - arrêtent leur véhicule et les amènent dans un endroit inconnu. Là commence la longue captivité pendant laquelle Hervé Ghesquière va lutter pied à pied contre la dépression. Sa journée est chronométrée, il écoute la radio 5 heures par jour, fait deux siestes et deux séances quotidiennes de sport. 

 

Pendant huit mois, il est seul dans une cellule ou avec Dranak, son pire geôlier et frère aîné de Qari Baryal, le chef des talibans de la région, un "parano, toxique" comme il le décrit. Là encore, Ghesquière ne se laisse pas impressionner et n'hésite pas à se confronter physiquement au garde.Plusieurs fois ils manquent d'en venir aux mains, Dranak le menace même de sa Kalachnikov. "Vas-y, tes chefs ne vont pas aimer", risque Ghesquière, qui insiste : "Vas-y tire". Un jour que son geôlier s'apprête à le frapper avec sa Kalachnikov alors qu'il a décidé d'aller uriner dehors, Ghesquière le prévient : "Si tu me touches, je te mets un coup de boule".Son témoignage à l'AFP se finit comme suit : "J'espère que dans quinze jours, on ne me reconnaîtra plus. Pour être un journaliste d'investigation, il vaut mieux pouvoir être discret". De notre côté on vient enfin de mettre le doigt sur une ressemblance qu'on avait eue du mal à identifier jusque là : 

 

Par Daniel De Almeida

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