
L'utilisation de gaz poivre contre des étudiants de l'université californienne de UC Davis, vendredi, fait grand bruit sur la toile alors qu'une manifestante de Seattle affirme avoir fait une fausse couche après avoir été frappé par des policiers.
MAJ : Le récit de Jennifer Fox, la jeune manifestante qui déclare avoir perdu son bébé à cause de la police, est largement remis en doute par la presse de Seattle. Elle n'a toujours pas donné aux médias de document médical attestant ses dires, et a refusé de signer un papier permettant aux journalistes d'avoir accès au dossier de l'hôpital.
De plus, sa mère adoptive a expliqué à la presse qu'elle ne croyait pas au récit de Jennifer, affirmant qu'elle était une menteuse patentée. Un reporter a également trouvé un rapport de police concernant une intervention dans un squat en septembre dernier où la jeune femme de 19 ans avait déjà déclaré être enceinte de trois mois, comme lors de l'incident survenu le 15 novembre à Seattle.
Relayé par les réseaux sociaux et les médias, l'incident d'UC Davis a déjà accouché d'un mème centré autour du lieutenant John Pike, le policier qui asperge calmement et méthodiquement les manifestants. Les forces de l'ordre étaient chargées de disperser les étudiants, réunis pacifiquement sur leur campus pour marquer leur soutien au mouvement Occupy Wall Street, à la demande de présidente de l'Université, Linda Katehi.
Un internaute a compilé quatre des meilleures vidéos filmées par les manifestants en split screening.
Comme on peut le voir sur les images, la police prévient les étudiants qu'ils doivent quitter les lieux puis préparent ostensiblement leurs bombes à "pepper spray" avant de passer à l'action sous les "honte à vous" de la foule. Selon la chef de la police locale, les policiers s'étaient retrouvés encerclés par les étudiants et n'avoir d'autre choix que d'intervenir. Des explications qui n'ont pas suffi à enrayer la polémique sur ce recours à la force disproportionné.
La répression des manifestations estampillées Occupy Wall Street occasionne une multiplication de ce type d'incidents, assurant un nouveau soutien populaire à un mouvement dont on a peut-être annoncé un peu vite l'essoufflement. Il y a une semaine, une grand-mère de 84 ans est devenue une icône d'OWS après avoir été elle aussi aspergée de gaz par la police lors d'une manifestation à Seattle et prise en photo le visage hagard.
Une fausse couche imputable à la police ?
Plus grave, une jeune femme nommée Jennifer Fox affirme avoir été victime d'une fausse couche après avoir participé à la même manifestation et frappé à l'estomac par des policiers à Seattle : "J'étais au milieu de la foule quand la police à commencer à avancer. Je criais ‘je suis enceinte, je suis enceinte. Laissez-moi passer. J'essaie de sortir.'"
Elle pensait s'être remise de l'incident mais s'est sentie mal quelques jours plus tard. En se rendant chez le médecin, elle a découvert que le coeur de son bébé ne battait plus. Les journalistes qui l'ont rencontrée attendent de pouvoir examiner un document médical confirmant ses déclarations, mais la photo de son transport vers l'ambulance a déjà fait pas mal de bruit. Tout comme la vidéo qui montrerait la suite de l'incident, postée hier sur YouTube :
Le débat sur la violence de la répression est en tout cas lancé. Au pays de la liberté d'expression, est-il normal de combattre la parole de manifestants pacifiques avec du gaz poivre et des matraques ? L'opinion publique américaine, pour l'instant sceptique sur OWS (56% des Américains n'ont pas d'avis sur le mouvement) va-t-elle finalement se ranger du côté des indignés US ? Affaire à suivre...
Crédit photos : Joshua Trujillo/AP/SIPA
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse