Faux avis de consommateurs, pas de vraie solution ?

06/01/2012 - 17h01
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L'auteur
Pascal Bories

 

Quoi ? Qu'est-ce ? Comment se fait-ce ? On apprenait la semaine dernière que les commentaires qui pullulent sur les sites de vente en ligne seraient copieusement bidonnés ! C'est notre très littéraire secrétaire d'Etat au commerce et à la consommation, Frédéric Lefebvre, qui l'a compris avant tout le monde. Si on lui recommande un bon livre comme "Zadig & Voltaire" (sic), ou si on lui conseille un beau polo sur Internet, il veut être sûr que ce soit un véritable avis de consommateur. Et pas un message posté par le marchand lui-même ou l'agence chargée de son e-réputation.

 

Du coup, il avait demandé à la Direction des Fraudes (DGCCRF) d'étudier la question sur toute l'année 2011. Au terme de cette enquête, huit entreprises ont fait l'objet d'un procès-verbal pour pratiques commerciales trompeuses. Parmi elles, des enseignes de vente en ligne, dont certaines "bien connues du grand public", mais aussi une agence conseil en e-réputation. Un instant : il y aurait donc, dans le pays des droits de l'homme, de vils conseillers sans foi ni loi, capables de se faire passer pour des consommateurs histoire de faire mousser une marque qui le leur demande ?

 

Stop l'hypocrisie : chacun sait pertinemment que le business des "faux commentaires" constitue une part significative du revenu des innombrables agences conseil en "social média", "stratégie réseaux sociaux", "community management" ou autres crypto-foutaises. Or depuis quelques années, celles-ci poussent comme des girolles après une bonne averse d'automne. Et demandez à n'importe lequel de vos amis travaillant depuis peu pour une de ces boîtes, il vous dira sans complexe combien de faux avis de consommateurs celles-ci postent tous les jours...

Problème : selon les spécialistes du sujet, 70% des internautes feraient confiance aux avis de consommateurs, alors que 98% des sites de commerce en ligne n'auraient aucun moyen de garantir leur authenticité. Pour y remédier, c'est l'AFNOR (Association Française de Normalisation) qui s'y colle, en réunissant à partir du 10 janvier des restaurateurs, représentants du monde hôtelier, syndicats de tourisme et autres site marchands afin d'élaborer une norme en la matière.

 

Seul hic, déjà relevé par les experts : aucun site n'est légalement tenu de respecter une quelconque norme. Il y a donc fort à parier que les poursuites... se poursuivront. Et lorsqu'on demande en "off" au patron d'une société spécialisée dans l'e-réputation s'il n'a pas l'impression que ça chauffe pour ses fesses, il nous répond du tac-au-tac : "Au contraire, ça prouve que ça doit être fait par des pros !". CQFD.

 

Par Pascal Bories
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