
Selon des informations de SharesPost, société spécialisée dans les échanges d'actions de groupes non cotés, Facebook pèserait 82,9 milliards de dollars. Seul Google fait encore de l'ombre au réseau social numéro un. Mais les soupçons de survalorisation du site fondé par Mark Zuckerberg ne sont pas levés pour autant.
En novembre 2010, l'analyse des échanges effectués sur le second marché indiquait déjà que Facebook était devenue la troisième compagnie du web avec une valorisation estimée à 41 milliards de dollars. Début janvier, l'entrée de Godman Sachs dans le capital avait fait grimper ce chiffre à 50 milliards. Un mois plus tard, la valeur de Facebook aurait encore progressé de 65%, pour atteindre 82,9 milliards de dollars, devant Amazon et ses 76,8 milliards. Une ascension qui donne le vertige.
Selon Bloomberg, qui relaie les données de SharesPost, des titres ce sont même échangés à 60 dollars pièce, ce qui signifie que certaines compagnies valorisent Facebook à 136 milliards de dollars. Pour expliquer cette frénésie précédent l'entrée en bourse du réseau social, prédite pour 2012, les spécialistes nous expliquent que les investisseurs n'ont pas envie de passer à côté du "nouveau Google".
L'arrivée du moteur de recherche sur le Nasdaq, en 2004, avait effectivement été accompagnée d'un certain scepticisme de la part des marchés. Au final, l'action Google Inc. avait démarré à 88 dollars pour finir la journée à 100. Un an plus tard, elle en valait 200. Et aujourd'hui 600.
Malgré ce précédent, la crainte d'un éclatement de la bulle Facebook ne peut être dissipée. "A 82,9 milliards de dollars, Facebook vaut plus de 50 fois ses revenus (...) A titre de comparaison, Amazon s'échange contre seulement 2,2 fois son chiffre d'affaires", note Capital.fr.
La veille de la diffusion de ces informations, Bloomberg publiait d'ailleurs un sondage réalisé auprès de 1000 de ses clients (investisseurs, traders, analystes), dont les résultats viennent contredire l'excitation ambiante. "69% des investisseurs disent que Facebook est surévalué (...) Seul 10% des répondants disent que la valorisation de Facebook est appropriée, 4% disent qu'il vaut plus", résumait Bloomberg, vendredi. 51% des sondés estiment que les récents investissement réalisés sur Facebook annoncent carrément le début d'une "dangereuse nouvelle bulle".
Difficile, dans ce contexte, de savoir à qui se fier. Une chose est toutefois sûre, avec ses 1,2 milliard de dollars de chiffre d'affaire en 2010, Facebook va devoir réaliser des prouesses pour tenir ces promesses de capitalisation.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco
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