Aurélie Filippetti est normalienne, agrégée de lettres classiques et originaire d'une famille de mineurs émigrés d'Italie en Moselle, où son père fut conseiller général et maire. Une mémoire ouvrière qui inspirera ses deux romans et servira une carrière politique prometteuse. Sympathisante trotskyste, elle abandonne une extrême-gauche irréaliste pour les Verts, et entre en 2001 au conseil municipal du Vème arrondissement de Paris. Elle connaît quelques revers électoraux dans le chic fief de Jean Tiberi mais intègre le cabinet d'Yves Cochet au ministère de l'Environnement. Se voyant refusée par le parti écologiste, en octobre 2006, l'investiture dans sa région natale, elle s'en va rejoindre l'équipe de campagne de Ségolène Royal. Parachutée par le PS dans la 8ème circonscription de Moselle trois semaines avant le premier tour, elle gagne son siège à l'Assemblée le 17 juin 2007, jour de ses 34 ans, avec 50,96% des voix.Le défi n'était pas mince : suite au découpage élaboré par Charles Pasqua en 1986, cette circonscription, où Nicolas Sarkozy a obtenu 56,56% des suffrages à l'élection présidentielle, réunit d'anciens bastions industriels, traditionnellement de gauche, et deux cantons ruraux aux populations plus aisées (travaillant au Luxembourg notamment), majoritairement de droite. Prenant la place d'une candidate socialiste initialement investie, Aurélie Filippetti n'arrivait pas non plus sous les hourras de ses camarades.S'il faut encore qu'elle "s'endurcisse", aux dires d'un maire du coin, l'ancienne professeur surfe en souplesse sur la vague des nouveaux adhérents, dont "le PS a besoin". "Il faut l'ouvrir, l'aérer", dit-elle, et éviter les querelles de courants. Ainsi peut-on la voir ces jours-ci aux côtés de Manuel Valls, Gaëtan Gorce, Sandrine Mazetier (strauss-kahnienne), Philippe Martin (fabiusien) et Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse, où ce dernier les a conviés, mais aussi à Melle avec Ségolène Royal, et bien sûr à La Rochelle pour l'université d'été du PS.A la tribune du camarade Montebourg (elle est membre de sa Convention pour la sixième République), l'élue lorraine parle de politique industrielle et des classes ouvrières (toutes les victimes, en fait, d'une société plus inégalitaire), qu'il faut reconquérir. Déterminée, elle présente des idées développées par Ségolène Royal, qui a, selon elle, manqué de temps pour convaincre. Reconnaissant des dysfonctionnements dans l'équipe de campagne, elle évoque "une petite start-up" confrontée à la "machine de guerre" du candidat UMP. Acceptant de tirer un bilan "sans tabou", elle refuse la "politique-fiction rétroactive" et voterait pour Mme Royal si l'élection du premier secrétaire avait lieu aujourd'hui.Si elle fait confiance à la "politique néo-conservatrice de Nicolas Sarkozy" pour que les Français réagissent, Aurélie Filippetti appelle aussi le PS à un changement qui "ne viendra pas de l'intérieur". Il faut donc ouvrir le parti à la société civile, aux intellectuels et aux autres formations progressistes, pour "la création d'une grande confédération de la gauche démocratique", et pourquoi pas reprendre le dialogue avec des éléments du MoDem.Ainsi commence le travail de fond pour la jeune députée, à la commission des Affaires sociales, culturelles et familiales de l'Assemblée, mais aussi à l'Environnement, au développement durable et à l'énergie au sein de la commission Prospective du groupe socialiste, dont elle est (avec André Vallini) la nouvelle porte-parole.
+ Normalienne et background ouvrier : top crédibilité
+ Une lionne parmi les lions, de l'avantage d'être une femme
- Une lionne parmi les lions, de l'inconvénient d'être une femme !
- Son manque d'expérience, et une étiquette pièce rapportée qui énerve au PS