
Voir aussi le diaporama : Ecoblanchiment, quand le greenwashing envahit la publicitéDans le monde vu sous le prisme du {greenwashing}, les grosses voitures ne polluent pas, le nucléaire est une énergie propre et sympa, et les désherbants totalement inoffensifs. Des grosses ficelles marketing que Jean-François Notebaert, maître de conférence en sciences de gestion à l'IUT de l'université de Dijon, et Wilfrid Séjeau, conseiller général Vert en Bourgogne, ont voulu pointer du doigt dans {Ecoblanchiment, quand les 4x4 sauvent la planète}. Un état des lieux lucide sur une farce économique où les consommateurs tiennent le rôle de dindons. Fluctuat : Le greenwhashing est-il une tendance en recrudescence ? Jean-François Notebaert : Oui, elle est en recrudescence car les entreprises sont de plus en plus nombreuses à utiliser l'argument écologique. Entre 2006 et 2009, les publicités ayant recours à l'écoblanchiment a été multiplié par 5. Et parmi ces entreprises, toutes ne sont pas vertueuses. Est-ce que des agences de communication qui réalisent ce type de publicités se spécialisent dans le greenwashing ? Pas forcément. Les agences suivent les tendances. En fonction de la demande du client, elles répondent à ses attentes. Et, si ce dernier souhaite verdir son image, elles s'exécutent !Pourrait-on imaginer demain des agences de communication plus éthiques ?On espère. Il y a du personnel dans les agences de communication qui commence à se poser des questions. Ils pensent que faire du greenwashing n'est pas le meilleur moyen pour vendre. Mais, c'est encore rare ! En France, comment est-il possible de lutter contre la pratique ? Il est possible de saisir l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité à la condition de prouver que la publicité incriminée soit mensongère. Cette instance peut indiquer que la réclame ne respecte pas l'argument écologique. Malheureusement, les consommateurs ne sont pas au courant des avis rendus par l'ARPP car en France les journaux ne reprennent pas ces informations, contrairement aux publications anglo-saxonnes. Du coup, le consommateur reste dans l'ignorance et il n'y a pas vraiment d'incidences pour l'entreprise. Sensibiliser les gens sur les enjeux écologiques de la fabrication d'un produit, les mécanismes du marketing, leur apprendre à repérer le greenwashing, peut être une solution afin de transformer ces derniers en "consom-acteurs" ? Il est possible de se former sur Internet. Mais, il n'existe pas de formation pour les citoyens et les consommateurs. Ils doivent chercher les informations par eux-mêmes. C'est vrai qu'actuellement, il est relativement difficile d'être sensibilisé à propos des publicités mensongères. Ce serait effectivement très intéressant à mettre en place. A côté de ça, les choses bougent. Avec les AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), les consommateurs recherchent des produits de proximité et sont de plus en plus ouverts à ces valeurs. Ils recherchent à créer des liens sociaux et c'est une chose qui va au-delà des clivages politiques. Et, la crise actuelle amène à se poser des questions sans forcément être contre le capitalisme ou altermondialiste !