"Enfin, la façon dont mes propos ont été diffusés et visionnés par des millions d'internautes pose quand même un vrai problème : si plus rien n'est privé, si tout doit être totalement transparent, le totalitarisme n'est pas loin et la liberté individuelle vraiment menacée."Patrick Devedjian sur son blog. Devedjian ne manque pas d'un certain aplomb. Il n'a pas tenu ses propos sur Anne-Marie Comparini dans un Pub irlandais mais devant les caméras d'une télévision lyonnaise et le seul totalitarisme qu'il a à subir est celui de l'audience du web par rapport à celle d'une petite chaine cablée. Dans certains medias, on fait volontiers le parallèle avec l'affaire Duhamel : souvenez vous, sur dailymotion, l'éditorialiste expliquait dans un amphi qu'il voterait pour François Bayrou : en quoi cette information avait-elle un caractère privé alors que alain Duhamel la faisait en public, devant la directrice de campagne de Bayrou Marielle de Sarnez ?
Bien sûr, l'obsession de la transparence absolue et le soupçon jeté sur tout ceux qui ne souhaiteraient pas partager leur moindre mouvement avec la terre entière est un problème réel. La videosurveillance en milieu urbain est un des exemples les plus patents de cet excès : personne ne fait le choix d'être filmé au moment où il l'est et dans la plupart des cas ne le sait même pas, car contrairement aux caméras de notre sympathique chaîne lyonnaise, les installations de videosurveillance ne sont pas toujours visibles. Il est donc très clairement question d'une atteinte aux libertés individuelles. L'un des départements qui a le plus développé cette pratique contestée est celui des Hauts de Seine, dirigé longtemps parCharles Pasqua (qui fit installer des caméras dans les 87 collèges et lycées du 92), puis Nicolas Sarkozy et aujourd'hui...Patrick Devedjian. Ce qui est une excellente nouvelle pour tous ceux qui craignent un futur "Big brother" car ne doutons pas que président du conseil général fera de la lutte contre ce totalitarisme prochain, un fer de lance de sa politique départementale.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida