Démocrates américains : et si l'élection imperdable était perdue ?

03/01/2008 - 12h25
Démocrates américains : et si l'élection imperdable était perdue ?

 

 

Après s'être demandé pendant six mois si Ségolène Royal serait une Hillary Clinton à la française, on s'inquiète surtout désormais de ce qu'Hillary Clinton ne devienne une Ségolène française. Depuis quelques semaines il apparaît clairement que 1) l'élection imperdable est loin d'être gagnée 2) Hillary clinton, dont la popularité est relative, pourraît bien arracher d'un cheveu la candidature et se gameler face au candidat républicain en novembre.Si bien que les incertitudes sur l'issue des primaires masque mal la flippe occasionnée par la perspective d'une défaite à la fin de l'année. Les Démocrates ont intérêt à ne pas se comporter en socialistes français, si sûrs douze mois avant le scrutin de la mécanicité de l'alternance.

Après deux mandats, l'administration Bush est certes plutôt grillée mais tout dépend désormais de la capacité des Républicains à donner l'impression du changement tout en gardant les fondamentaux conservateurs. Une sorte de "rupture tranquille" ( si cela vous rappelle quelque chose).C'est pourquoi les spin doctors de la droite américaine sont admiratifs devant les talents d'acrobates de Nicolas Sarkozy (qui pourtant s'inspira essentiellement des méthodes de la droite américaine ).

 

Les démocrates, eux, parient beaucoup sur le bourbier irakien pour s'attirer les faveurs de l'opinion. Mais leurs divisions sont telles qu'ils n'ont pas réussi à capitaliser sur ce qui est pourtant le plus gros boulet au pied des Républicains. Incapables de se mettre d'accord ( si ça vous rappelle...) sur un calendrier de retrait des troupes , les démocrates croyaient mécaniquement engranger les bénéfices électoraux de la déconfiture de l'administration Bush en se contentantd 'appuyer là où ça fait mal. Mais ça finit par se voir de ne pas avoir de projet ( si ça vous etc etc) et leur côte de popularité n'a fait que décroître depuis un an, après avoir obtenu la majorité à la Chambre des représentants.

 

Pire, leur stratégie exclusivement anti-guerre a même escamoté les maigres avancées sociales obtenues, dont la notable revalorisation du salaire minimum figé depuis dix ans. " La guerre en Irak a éclipsé la plus grande partie de ce que nous avons fait", regrettait récemment Nancy Pelosi qui dirige la Chambre des Représentants.

 

Ben oui la faute à qui ? Il paraît difficile de continuer à taper sur George Bush pour avancer surtout maintennat qu'aucun challenger ne se détache réellement ( Hillary Clinton stagne, Barack Obama inquiète, John Edwards remonte). La meilleure nouvelle en l'instant est que les Républicains n'ont toujours pas trouvé le bon cheval pour faire un hold-up. Si un Sarkozy se révélait en Rudolph Giulani, Mike Huckabee ou Mitt Romney, la gueule de bois de la "gauche" américaine" pourrait être du même acabit que celle dont ne se relève pas le PS ici.

 

Par Daniel De Almeida

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