De la différence entre l'internaute marseillais et l'internaute parisien

11/12/2008 - 17h07
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De la différence entre l'internaute marseillais et l'internaute parisien
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Google publie ses top 10 des requêtes 2008 dans le monde et pays par pays. Outre la mesure "worldwide" des comportements en ligne, des comparaisons plus ciblées révèlent de surprenantes différences.

 

Google est un puissant outil d'analyse des particularismes locaux. Ainsi ses relevés statistiques comparatifs entre Paris et Marseille témoignent des spécificités culturelles de chacune des villes.

 

Neuf de dix plus fortes progressions des requêtes dans la cité phocéenne sont directement liées à la région. Le Marseillais cherche ses journaux locaux ( la Provence, Corse hebdo..), s'intéresse à la météo locale, son université et il est même tellement autocentré qu'il tape même le nom de sa ville régulièrement ( 9e requête tout de même). On imagine aisément que nous sommes avec ce dernier cas dans une pratique laudative proche de l'incantation dans laquelle l'internaute implore la bienveillance de la Cité-Mère.

 

Plus trivialement, notons que grâce à son attachement, l'"OM" est toujours le leader... du top des clubs sportifs "googlisés" au niveau national ( alors que Lyon qui squatte la première place du classement depuis plusieurs années n'est que 4e).

 

A Paris, la notion d'identité est absente de la (re)quête spirituelle. L'ambiance est au retranchement technologico-monacal : "Dartybox" ( décodeur permettant l'accès à un très grand nombre de chaines télévisées) est ainsi la requête ayant connu la plus forte progression cette année. S'il est amené à sortir de chez lui pour une raison accidentelle le surfeur parisien se rue à son retour sur M6 replay ( 7ème plus forte hausse pour ce site de rediffusion online des programmes).

 

On remarquera également la forte progression des nouvelles formes de socialité (jouant ici le rôle de substituts) type "Facebook", preuve que le Parisien nourrit une curiosité relative du monde physique qui l'entoure. Il témoigne d'ailleurs de l'absurdité de son existence sur "viededemerde.fr" (5e).

 

Même pour choper un Vélib en bas de sa rue ( à moins qu'il ne cherche des vidéos de gens pédalant), le Parisien passe par un moteur de recherche mais s'intéresse moins que son cousin provençal au temps qu'il fait dehors - puisqu'il ne sort pas. L'étude ne permet pas de spécifier le comportement des femelles de la capitale mais on relèvera la forte progression de la requête "adopte un mec" qui pourrait exprimer l'abandon progressif des pratiques classiques de séduction pour des choix plus verticalisant type commandes en ligne.

 

Par Daniel De Almeida

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