
Les deux journalistes les plus losers du siècle s'appellent Robert Smith et Robert Phelps. Ces deux anciens du New-York Times, très âgés aujourd'hui, ont eu vent en 1972 d'une importante affaire de corruption qui impliquait selon leur source de l'époque le ministère de la Justice voire le président lui-même. La source a l'air fiable : Patrick Gray est à l'époque directeur du FBI .
Comment avec de telles révélations, les limiers du Times ont-ils pu louper l'affaire du siècle ? En oubliant... Smith a quitté le NYT pour reprendre ses études de droit, et Phelps, à l'époque responsable éditorial, est parti faire un long voyage en Alaska. Il ne sait plus ce qu'il a fait de ses cassettes et de ses notes à l'époque explique t-il aujourd'hui à son ancien quotidien. Moralité : sans leurs avantages de feignasses (longue vacances, formation continue...) les journaleux auraient fait leur boulot et seraient devenus des popstars du journalisme (on plaisante).
En tout cas personne ne connaitrait aujourd'hui les noms de Woodward et Bernstein, journalistes du Washington Post qui publieront finalement quelques semaines plus tard ce qui restera connu dans les esprits sous le nom de Watergate, soit l'enquête la plus culte du journalisme moderne que tous les reporters américains citent encore quand ils veulent défendre l'importance de l'investigation dans leur métier.
illus : les hommes du président d'Alan J Pakula qui raconte le scandale du Watergate.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida