Combien y-a-t-il de types valables à droite (et à gauche)?

14/06/2007 - 16h18
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Combien y-a-t-il de types valables à droite (et à gauche)?

 

 

 

" Quand on fait élire 400 députés, il y en a qui ne devraient pas être là. Les bourrins, ce sont les plus difficiles à gérer".Nicolas Sarkozy(source Le Canard enchaîné)

 

Ben oui, la question qu'on oublie un peu au profit de l'obsession parano sur la concentration des pouvoirs : franchement vous pensez que l'UMP possède 450 ou 500 personnes capables et de dimension nationale ? Avec une telle majorité toutes les forces vives sont sollicitées et même les autres. La pire situation pour un président, juste après ne pas avoir de majorité pour gouverner est...d'avoir une majorité trop écrasante pour gouverner. A cause de la bêtise de certains de ses congénères, mais aussi, et pour être plus sérieux, en raison de leur pouvoir de nuisance. Il est plus facile de faire taire les ambitions et dissensions quand chaque réforme est une lutte.

 

Avec un gouvernement volontairement resserré et un groupe parlementaire pléthorique, la proportion de frustrés revanchards augmente mécaniquement. Il n'est qu'à voir la lutte pour la présidence du groupe UMP à l'assemblée qui met aux prises Christian Estrosi et Jean-François Copé ( ce dernier clamant partout le soutien du président). Ou encore celle qui oppose Jean-Pierre Raffarin et Patrick Devedjian pour la tête du parti. Sur les bancs de l'assemblée, les nombreux éconduits ont le temps de constituer des réseaux et de fomenter des coups plus ou moins élégants.

 

François Mitterrand, fin stratège, ( et pour lequel Nicolas Sarkozy éprouverait une certaine admiration) a vécu les deux handicaps : en 1981, sa première majorité est plus que confortable, en 1986 le voilà condamné à la cohabitation. L'histoire ne nous dit pas quelle période il détesta le plus finalement, car avant sa réelection, Mitterrand écrivit dans sa Lettre aux Français: J'achève un septennat qui, pour la première fois dans l'histoire de la V

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République, a connu l'alternance, c'est à dire le changement de majorité parlementaire, et ce à deux reprises, dont l'une, en 1986, aurait pu déboucher sur une crise grave.Tout en m'inclinant, comme c'était mon devoir, devant la volonté populaire, j'ai maintenu, grâce à votre confiance, l'autorité de ma fonction. C'est de cette confiance que je me réclame aujourd'hui pour que nous tirions ensemble la leçon de ces événements. Je pense et j'espère que, quelles que soient les majorités futures, on n'en retournera ni au Président « absolu » des débuts de la V° République, maître en fait de tous les pouvoirs, ni au Président « soliveau° » de la IV° République, qui n'en avait aucun...Président décomplexé, Mitterrand s'inquiétait probablement moins des excès de son propre pouvoir que de la contestation de son leadership par ses amis (frustrés et revanchards) en cas de victoire écrasante : Nommer son rival ( et potentiel successeur) Michel Rocard Premier ministre, et le voir faire des acrobaties pour faire passer ses réformes (il n'a alors que 275 députés acquis à sa cause, et demeure condamné au compromis avec les communistes et surtout l'UDF dont quelques membre intègreront même le gouvernement) n'a pas du déplaire au Président. Voilà qui lui permit d'user trois premiers ministres et cinq gouvernements en cinq ans. Et le préserva jusqu'au bout de ces "bourrins" si difficiles à gérer.

 

Par Daniel De Almeida

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