On vous parlait la semaine dernière des sommes investies dans la campagne présidentielle, penchons nous aujourd'hui sur ce qu'ont pu rapporter les législatives. Car nous ne lassons pas cher lecteur d'effectuer cet exigeant travail de pédagogie qui a pour but de faire renaître la conscience civique chez les trentenaires névrosés qui squattent ici plus que de raison.
Le financement public des partis à l'issue des élections comporte plusieurs critères. Chaque député élu rapporte 45 000 € par an durant toute la législature. Chaque voix récolté par un candidat rapporte en outre 1,63 €, mais attention, ce financement est corrélé à un paramètre : qu'au moins 50 candidats du parti aient totalisé 1 % des voix dans leur circonscription. Ce dispositif permet d'éviter (un peu) les chasseurs de deniers publics qui présenteraient, par exemple, leur femme ou leur chauffeur, ou leur cousin... Ben oui, du coup la maison Leroy/Morin a des soucis : seuls 43 députés sur les 80 présentés ont récolté les 1 % obligatoires. Les autres étaient vraiment trop bidons pour éspérer ce score pourtant modeste. Du coup, et à moins que la commission nationale n'arbitre en leur faveur, l'essentiel du financement public leur échappera. Et c'est la bonne nouvelle du jour que d'apprendre qu'un minimum de représentativité est nécessaire, qu'on ne monte pas impunément un parti complètement bidon ou alors avec sa thune personnelle.
L'Union pour un mouvement populaire de son côté touchera 33 millions d'euros par an, soit 1,4 millions de plus qu'entre 2002 et 2007. L'augmentation s'explique par le fait que même avec une quarantaine de députés en moins, le parti du président a mieux respecté les exigences paritaires. Le Parti socialiste touchera 22 millions d'euros, soit de quoi sauver les meubles après une campagne présidentielle qui a coûté plus de 20 millions. A bientôt pour un nouveau décryptage.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida