Voilà donc le bureau des treize sages au grand complet, tous réunis autour d'Edouard Balladur. le « comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la V
eRépublique" doit donc réfléchir à la rédéfinition du statut du président.
Celui-ci devrait pouvoir à terme s'exprimer devant le Parlement et être au final le véritable chef de l'Exécutif - qui est actuellement le Premier ministre même si cela ne se voit pas. Au reste Nicolas Sarkozy pratique déjà ce retour du président sur le terrain de la politique intérieure, rompant avec la distanciation d'un François Mitterrand ou le recul (certes moins drapé d'absolu) de Jacques Chirac.
La présidentialisation accrue du régime, voulue par le Chef de l'Etat qui estime que le Président doit gouverner, pourrait s'accompagner parallèlement d'un renforcement du Parlement. Edouard Balladur estime que l'ordre du jour doit être le fait des parlementaires; Jack Lang et lui étant manifestement d'accord sur la suppression de l'article 49.3 qui permet au gouvernement de passer outre le vote parlementaire. Interviewé par Rue 89 aujourd'hui,Lang pense que le Parlement français devrait avoir les mêmes prérogatives que le Congrès américain, et notamment la possibilité de mener des enquêtes très poussées sur les agissements de l'exécutif. Les ministres et le Premier d'entre eux feront certainement le plus les frais de cette refonte. Jack Lang allant même jusqu'à reprendre l'idée de la suppression de ce poste, comme François Fillon l'avait imaginé avant de s'installer... à Matignon. Moins catégorique, Edouard Balladur penche pour un rôle de chef d'état major privé de l'essentiel de ses responsabilités politiques ( Le Monde du 06 avril 2006.)
Quoi que préconise la commission, toute réforme institutionnelle devra obtenir l'aval des trois cinquièmes du Parlement et donc de l'opposition - dont la revalorisation du statut est également au menu des Sages. La réforme doit donc nécessairement être d'une audace mesurée : rien sur le cumul des mandats ( si c'est l'éventualité de limiter à deux dans le temps ceux du président) ou sur la suppression du 49.3 et tout laisse à penser que la dose de proportionnelle sera homéopathique. Il faudra compter avec les différences entre les treize sages. La commission se veut représentative de la diversité des approches. Outre le fait qu'on y trouve des gens de droite de gauche ou du centre promesse de beaux débats, il sera intéressant de voir comment des vieux "cinquiémistes" comme Pierre Mazeaud vont réussir à négocier avec les partisans du régime parlementaire comme le politologue et député européen Olivier Duhamel.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida