Chiffrages des programmes, la grande escroquerie ?

01/03/2007 - 08h56
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Chiffrages des programmes, la grande escroquerie ?
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Elle est trompeuse (l'idée qu'une arithmétique des programmes politiques est possible, NDLR)parce qu'elle revient à affirmer qu'aucun investissement n'est rentable, qu'aucune entreprise ne vaut d'être créée. Elle contribue de ce fait à déprécier encore davantage l'avenir au prétexte de la comptabilité du présent. Elle est déontologiquement contestable, car le coût « ex ante » (c'est-à-dire sur le papier) d'une mesure ne nous dit rien quant aux bénéfices nets pour la société dans son ensemble que cette mesure produirait après sa mise oeuvre. C'est la raison pour laquelle les économistes ne parlent pas de chiffrage, mais d'évaluation des programmes politiques. Il s'agit alors d'un tout autre exercice, qui exige l'utilisation de modèles économiques, dont tous sont fondés sur un ensemble d'hypothèses, qui, si elles n'étaient pas vérifiées, remettraient en cause les évaluations (...)Parer d'objectivité un chiffrage ex ante qui refuse de prendre en compte les conséquences même des choix de société parce que leur évaluation est trop discutable, c'est jauger chaque candidat à une seule aune : sa capacité à réduire les coûts présents et donc son ambition pour le pays. Car il n'existe aucun objectif que l'on puisse atteindre sans instruments. Et les instruments majeurs de la réforme d'une société et de la construction d'un avenir sont les investissements qui représentent autant de coûts présents et de gains futurs. C'est bien parce que nous avons insuffisamment investis dans l'enseignement supérieur et la recherche que le rythme de croissance de notre productivité et donc de notre pouvoir d'achat sont si faibles aujourd'hui. (...) Ce serait donc rendre un bien mauvais service à la démocratie et à l'efficacité économique que de suivre la voie de l'enfermement comptable du politique.

 

Extrait de Pourquoi nous ne chiffrerons pas les programmes présidentiels. Manifeste contre une déontologie en rase campagne par Jean-Paul Fitoussi, Président de l'OFCE et Xavier Timbeau, Directeur du département Analyse et prévision de l'OFCE. (illus via )

 

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Par Daniel De Almeida

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