Chasser le centriste (2/2): l'écurie de gauche

24/04/2007 - 09h00
Chasser le centriste (2/2): l'écurie de gauche

 

"J'ai envie de lui dire que la majorité moderne, la majorité de cette France dont tout le monde veut qu'elle agisse, qu'elle se manifeste, qu'elle apparaisse, qu'elle soit excitante, intéressante vivante". Bernard Kouchner est avec Michel Rocard l'un des premiers socialistes à avoir appelé au rassemblement des socialistes et du centre, bien avant le premier tour. L'idée étant que comme souvent dans le reste de l'Europe, démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates sont d'accord sur les sujets sociaux. Kouchner propose une plate-for

me d'idées communes sur les retraites ou la sécurité sociale.

 

La semaine dernière Dominique Strauss-Kahn, certainement le socialiste le plus apprécié par les centristes, estimait que Kouchner et Rocard pensaient trop vite, mais cette fois le timing lui convient. Dimanche soir sur les plateaux tv, DSK a souvent parlé de social-démocratie, du front de tous ceux qui pensaient queNicolas Sarkozy était dangereux pour le pays et de la difficulté pour ceux qui l'ont vivement critiqué pendant toute la campagne de le rallier désormais... "On a bien vu dans la campagne les grands thèmes qui sont sortis : la rénovation de l'approche économique et sociale, la révolution écologique, la réforme institutionnelle et la relance de l'Europe. C'est là-dessus, explique-t-il, que dans les 15 jours qui viennent, il faut construire le renouveau. J'ai tendance à dire que c'est l'essence même d'un programme social-démocrate, et je crois que c'est ce qu'il faut pour les Français."

Comme souvent dans les tactiques d'approche, on envoie au feu de plus jeunes et fougueux (ou des électrons libres comme les duettistes Kouchner/ Rocard) aventuriers qu'on peut rappeler à l'ordre si l'escarmouche tourne mal. Arnaud Montebourg a donc tranquillement expliqué hier soir que socialistes et centristes partageaient le même projet de reconstruction. Décomplexé également,Julien Dray ne voit pas d'inconvénient à avoir dans le même wagon Marie-George Buffet et [people]François Bayrou[/pe

ople]. " Il faut des signes, il faut mettre sur la table un certain nombre de signes politiques forts". De signes politiques il y en a eu un particulièrement fort hier soir quand Ségolène Royal a invité les centristes à un débat ouvert. Démarche casse-gueule -ils pourraient se priver d'une partie des voix de gauche - , pas forcément efficace - Bayrou n'est pas réellement propriétaire de ses voix et ne sera pas forcément écouté - et inutile - le candidat du centre préfèrerait sans doute créer son grand parti démocrate sur les cendres d'un PS battu à plates coutures par Sarkozy.

 

Lire Chasser le centriste, l'écurie de droite

 

Sur partis de campagne, le blog militants, lire les hésitations de Bruno, militant UDF pour le second tour.

 

Par Daniel De Almeida

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