
7.665,31 euros bruts (5.963,33 euros nets). Voilà ce que toucheront tous les élus du Parlement Européen à partir du mois de juillet. Une réforme qui ne fait pas l'unanimité et relance le débat sur l'uniformisation des salaires dans l'Union.
Fini le temps de la disparité. L'écart de salaire qui sépare aujourd'hui un eurodéputé italien (11 700 euros) d'un de ses homologues bulgares (1000 euros) sera bientôt un vieux souvenir. Ainsi en a décidé Bruxelles, qui souhaite au passage opérer un grand nettoyage dans les diverses indemnités d'accompagnement et frais de remboursement, source d'abus et de polémiques depuis de nombreuses années. Embaucher des proches à des postes de collaborateurs sera désormais interdit. Les frais de voyage, jusque là illimités, seront eux plafonnés.
Si tout le monde s'accorde sur la nécessité de coup de balai, la question du salaire unique soulève en revanche quelques interrogations, notamment dans les pays où le niveau de revenus se situe bien en deçà de la moyenne européenne. "Les députés européens de Pologne ou Roumanie vont gagner beaucoup plus que leurs collègues nationaux, et même davantage que leurs Premiers ministres", souligne ainsi Hans-Herbert Arnim, spécialiste allemand de droit administratif interrogé par l'AFP. "Si les élus sont perçus comme des Crésus, cela ne servira pas les intérêts de l'Europe."
Le long accouchement de cette réforme, qui aura mis dix ans à être adoptée, nous rappelle par ailleurs que la fameuse harmonisation européenne a du mal à passer du mythe à la réalité sur les questions sociales et fiscales. Autant dire que le Smic européen, dont rêvent Olivier Besancenot et Martine Aubry, n'est pas prêt de voir le jour. Pour certains, il serait pourtant le meilleur moyen de lutter contre les délocalisations au sein de l'Union en plaçant dans les membres dans une relation de partenaires, et non de concurrents.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco