Au sein de l'UMP, les critiques sont de moins en moins voilées à l'encontre du gouvernement. La polémique autour de la TVA sociale aurait fait perdre une cinquantaine de sièges à la majorité présidentielle avec pour résultat pour celle-ci d'être plus faible que sous la précédente législature. Le bouc émissaire pourraît être Jean-Louis Borloo. Toutefois la sanction resterait mesurée : le ministre de l'économie récupèrerait le ministère de l'écologie de Juppé mais avec une réduction de la voilure de ses compétences, la perte du titre de ministre d'Etat qu'avait Alain Juppé et une tutelle explicite de Matignon.
Pris à partie par Laurent Fabius sur le plateau de France 2 le 10 juin au soir, le ministre de l'économie avait certes eu du mal à faire oeuvre de pédagogie, mais il n'a fait qu'anticiper ce que tous ses camarades ont repris dans la semaine qui suivit. Après tout, François Fillon lui-même évoqua le mardi soir sur France 2 un ordre de grandeur qui pourrait atteindre les 5 % d'augmentation, chiffre sur lequel Borloo n'avait pas couru le risque de s'avancer.Or c'est surtout l'éventualité d'une telle hausse, inenvisageable en dehors d'une augmentation des prix, qui aura coûté des voix à la majorité. Et pas les hésitations moins anxiogènes au final du ministre de l'économie. François Fillon et les membres de son gouvernement n'ont pas réussi à faire oeuvre de pédagogie, et expliquer que la TVA ne verrait pas le jour avant 2008 a encore accentué l'idée de lendemains qui déchantent pour le pouvoir d'achat. Ajoutez une augmentation a minima du SMIC et vous obtenez une bien mauvaise gestion du calendrier électoral que les socialistes ont habilement exploité. Là-dessus au moins, la responsabilité des membres de l'Exécutif est collective. Que le gouvernement assume pleinement ses orientations quitte à ce que cela lui coûte des sièges serait autrement courageux.
Mais c'est aussi l'occasion pour le Président de recadrer un ministre jusque là très populaire mais qui a commis d'autres bourdes comme lors de son premier déplacement européen. Lors de la rencontre de l'Eurogroupe, son rôle eut été de rassurer le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet que les annonces de pause dans la réduction des déficits de la France inquiétait un peu. Il était pourtant essentiel de promettre de tenir les engagements prévus pour 2010. Et puisqu'il faut un responsable du couac pour faire taire un peu les 55 députés UMP qui ont pris une veste...
Remaniements, nouvelles nominations, tout sur le nouveau gouvernement Fillon sur le mag politique.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida