Bayrou choisit la voie du contre-pouvoir

25/04/2007 - 17h02
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Bayrou choisit la voie du contre-pouvoir

Prêt à répondre à l'invitation au débat faite par Ségolène Royal pour "clarifier les choix", François Bayrou n'a comme on s'y attendait appeler à voter clairement ni pour la candidate socialiste ni pour Nicolas Sarkozy.

Comme on vous le disait tout à l'heure, François Bayrou défend une politique plutôt de droite avec une gestuelle et une manière d'être plutôt de gauche. Il a en effet mis à équidistance, l'autoritarisme le goût de l'intimidation , son désir de concentrer tous les pouvoirs de Sarkozy; et les choix économiques et plus particulièrement l'interventionisme de l'Etat de Royal. D'un côté la manière d'exercer, de l'autre le programme.

 

Toutefois en critiquant la tendance à l'ultalibéralisme du premier - la réduction de quatre points des prélèvements obligatoires que Ronald Reagan et Margaret Thatcher "n'ont pas osé même en rêve" - et en expliquant que la deuxième était "mieux armée, plus attentive", le centriste laisse penser qu'il penche plutôt vers celle-ci. "Je ne mets pas exactement sur le même plan les deux" a t-il précisé Il a d'ailleurs beaucoup stigmatisé les rapports entre pouvoir économique, politique et médiatique, n'hésitant pas à évoquer les resemblances entre le candidat UMP et Silvio Berlusconi à l'invitation d'un journaliste. Mais Bayrou rêve de continuer à jouer le rôle qui lui est dévolu depuis dimanche : celui d'arbitre suprême, qui lui permet d'être moins centriste que central comme il se plaît à le dire. Il a même invité Nicolas Sarkozy à lui proposer un débat ouvert, manière de prolonger sa propre présence au second tour.

 

Avec le parti démocrate qu'il va créer, François Bayrou sera attentif au sein du débat politique à la refonte des institutions - séparation des pouvoirs avec un parlement aux pouvoirs renforcés - , l'impartialité de l'Etat, l'égalité de traitement des citoyens devant la justice, la mobilité sociale, la réconciliation et de l'union européenne. Cela s'appelle le renouveau et le changement selon une phraséologie assez strauss-kahnienne que le centriste reprend avant de promettre "un nouvel équilibre, celui du marcheur qui progresse d'un pas sur".Le parti démocrate serait "une force politique libre au centre de la vie politique française". Histoire d'être sur de rester au centre - au moins de l'attention - il a aussi indiqué qu'à la suite d'éventuels débats avec les candidats ou à l'issue de la confrontation télévisée du 02 mai, il pourrait indiquer pour qui il voterait mais sans donner pour autant de consigne de vote à ses électeurs. Et sans accepter in fine (et en anglais) un poste de ministre au sein du gouvernement quel qu'il soit.

 

Par Daniel De Almeida

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