Bayrou cet homme seul au milieu

04/05/2007 - 15h55
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Bayrou cet homme seul au milieu
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Il s'est exprimé mercredi avec des usages de midinette : je ne voterai pas Sarkozy mais je n'ai pas dit que je voterai segolene Royal, nous dit-il en substance. Pour dimanche, il prévoit un point presse juste après les résultats du second tour. Et ensuite ? François Bayrou, l'homme politique préféré des Français et premier ministrable favori des électeurs de Royal va-t-il ainsi tenir salon chaque semaine ? Un truc du genre "La minute de François B", durant laquelle il distribuerait bons et mauvais points, rappelant que la troisième voie (voix?), comme le professeur Rollin, a toujours quelque chose à dire.

 

Elle semble bien étroite la troisième voie, c'est bien simple on n'y passe que seul et encore de profil. La quasi-totalité des parlementaires UDF a rallié Nicolas Sarkozy avec la discipline impeccable dont seuls sont capables les agitateurs repentis. Et François B est seul à nouveau, prêt à une nouvelle traversée du désert mais cette fois sans bédouins. Les chiens de l'UMP aboient, la caravane centriste passe sous les fourches caudines. "Ils peuvent nous rejoindre avec leur sensibilité, qu'ils s'organisent", conclut Sarkozy. Oui, c'est ça, qu'ils se démmerdent avec leurs électeurs d'avant-hier, ceux d'hier et ceux qu'il leur faudra reconquérir demain. Et Bayrou est aussi seul que populaire, comme une ancienne star du show-bizz.

 

Et quoi maintenant ? lui glisserait Beckett. Comment fait-on avec un électorat hétéroclite où croisent anciens chiraquiens (de droite), vrais UDF (de droite toujours) et ces nouveaux électeurs séduit pas le discours volontaire et non partisan de l'homme de la réconciliation- des anciens de la gauche apprend-on dans Libération. Le sexy-centrisme était une aventure extra-conjugale en somme, au bout de deux semaines on est tenté de filer au bercail retrouver l'incomparable moelleur de la routine. Bayrou ou l'adultère bourgeois, l'excitation de la nouveauté sans les risques du vrai changement, l'angoisse de l'inconnu. On exagère mais Bayrou nous fait penser à ces drag-queens qu'on voyait dans les émissions télés il y a quelques années : à cinq heures du mat, on se démaquille à la va-vite - renfiler un Levi's, traverser Paris en scooter, t'imagines si je suis en retard au bureau!. C'était grisant et c'était pour de faux comme disent les mômes. Personne n'est passé définitivement de l'autre côté.

 

De l'autre côté c'est aussi le Parti démocrate qui pourrait être le futur club des losers. Sauf surprise, des socialistes revanchards, peut-être quelques UDF complètement grillés. A moins qu'on se trompe (on se trompe souvent) et qu'il soit l'homme d'après-demain : Bayrou seul comme le De Gaulle de 1953, on croyait à la chronique d'une mort annoncée ce n'était que cinq ans de solitude. Cinq ans...Ici l'ombre, quelqu'un peut-il rallumer les feux de la rampe ? Peut-être en 2012 François, en attendant faut pas rester là, comme ça. Tout seul au milieu.

 

 

 

Par Daniel De Almeida

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