Banlieues : mais c'est quoi ce plan ?

23/01/2008 - 12h37
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L'auteur
Daniel De Almeida
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Depuis quelques jours le discours de l'administration Sarkozy sur les banlieues est pour le moins contradictoire. Le président est écartelé entre deux attitudes : tenter de redorer son blason dans les banlieues où sa réputation n'est pas très bonne et se recentrer sur ses fondamentaux électoraux en temps de crise dans l'opinion. Dans le doute, il joue sur les deux tableaux.

 

Quand Michèle Alliot-Marie réinstalle la police de proximité, pourtant conchiée par le Sarkozy ministre de l'Intérieur en 2003, elle commence par les lieux symboliques comme La Courneuve ou Vichy-Monfermeil. La décision est prise dans la foulée d'un rapport alarmant sur les rapports entre la police et la population publié par l'Institut des hautes études de la sécurité . Lors des émeutes de Villiers-Le-Bel, les flics en étaient réduits à transformer tous les habitants en indics, en monnayant les informations qui leur parvenaient. Après le tout sécuritaire, serait-ce l'heure de faire un peu de social ?

 

En réalité dans le même temps, le discours monomaniaque sur la sécurité est plus que jamais en vogue. Les surveillances par hélicoptère se multiplient, les drones (avions sans pilote dédiés à la surveillance militaire) sont appelés à la rescousse et Michèle Alliot-Marie tout en résinstaurant des îlotiers promeut également une nouvelle compagnie de sécurisation "plus réactive" et forte dans le 93 de 140 hommes.

 

Quand Sarkozy va à Sartrouville il place son excursion sous le signe quasi exclusif de la sécurité et cherche surtout à parler aux policiers. A défaut d'être l'aise sur le pouvoir d'achat, la sécurité reste le thème très porteur chez les vieux et/ou les classes moyennes périrurbaines.

 

Mais c'est évidemment Christine Boutin et Fadela Amara qui incarnent le mieux cette contradiction. La première juge inutile le plan spécifique que la seconde s'égosille à promouvoir. Amara veut axer le financement sur les quartiers les plus défavorisés, Boutin critique cette logique territoriale en privilégiant l'aide aux personnes comme l'a également souligné Sarkozy. Le président reste sur un discours moral du bon et du mauvais, technique utile pour éviter la question plus structurelle de l'appartenance sociale et de répartition géographique des populations.

 

On objectera que les deux approches ne sont pas incompatibles qu'il y a en outre une voie entre la stigmatisation des pauvres et le discours naïf de compassion. Mais de contradictions en annonces immédiatement retoquées ( réduire le chomage de 40% et créer 45 000 emplois est une déclaration d'Amara aussitôt jugée imprudente par sa ministre de tutelle, le chiffrage du plan et sa date de présentation sont régulièrement ajournés etc..) ce que souhaite le gouvernement pour la banlieue est pour l'instant assez illlisible. Le fait que sur ce dossier deux ministres au culture politique aussi différentes soient aux manettes est d'ailleurs significatif. Pour l'heure la banlieue reste toujours un bon vieux terrain de jeu idéologique...

 

 

 

Par Daniel De Almeida
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