
Du désert du Sahara à l'atoll de Mururoa, environ 150 000 personnes participèrent de près ou de loin à l'odyssée de la bombe atomique française. Dans la bande dessinée Au nom de la bombe, histoires secrètes des essais atomiques français, l'ex journaliste Albert Drandov lève le voile sur un scandale royalement étouffé par les gouvernements successifs.
Après s'être attaqué au sujet de l'amiante, Albert Drandov consacre sa seconde BD à un autre scandale mêlant santé publique et secret d'Etat : l'aventure de la bombe atomique française, démarrée en 1960 par le général de Gaulle et interrompue par Jacques Chirac en 1996. Au nom de la grandeur de la France, des milliers de soldats auront été exposé à des radiations et attendent toujours d'être indemnisés.
"L'Etat a commencé à bouger car les vétérans ont instauré un rapport de force", explique Drandov. "Ils secouent la mémoire de la société en sortant des documents. Ils s'agitent. Une loi d'indemnisation qui reconnait certaines maladies est en place. Mais, le gouvernement joue la montre à l'image de ce qui se passe pour l'amiante. Il laisse mourir une génération de gars qui ont entre 60 et 70 ans et sont déjà gravement malades."
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Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco