"Les juifs de France n'ont d'avenir que si la France reste une nation ; il n'y a pas d'avenir possible pour les juifs dans une société multiculturelle, parce que le pouvoir des groupes antijuifs risque d'être plus important".Au nom de la lutte contre une pensée unique, qui serait composée d'un soixant'huitardisme d'arrière garde, d'un antiracisme dogmatique et d'un antisémitisme larvé, il est aujourd'hui possible de dire à peu près tout et n'importe quoi. Ces propos d'Alain Finkielkraut, rapportés par le quotidien israëlien Haaretz expliquent donc que la prise en compte des diverses cultures qui composent la France au fil des métissages et de l'immigration est en soi une menace pour les juifs. Comprenez bien aussi qu'une société multiculturelle se résume à une lutte de pouvoirs entre les parties qui la composent. Dans la foulée, Finkielkraut se lance dans ce qu'il fait le mieux : la contestation d'un antiracisme bourgeois qui paralyserait tout discours sur les immigrés ou l'Islam. Aujourd'hui nous dit-il en substance, toujours selon Haaretz, il serait impossible de critiquer les immigrés. Et on voit bien en effet dans quelle espèce d'estime ces derniers sont tenus dans le débat public quand on ne parle que d'irrégularités administratives, de polygamie voire à l'occasion de rites barbares organisés dans les appartements de banlieue. Quand, pour la dernière fois a t-on parlé d'immigration sans parler d'insécurité ? Il y a quelques mois, Finkielkraut, malgré les explications des renseignements généraux qui ne purent que constater le malaise social à l'origine des émeutes de 2005, affirmait que nier la dimension ethnico-religieuse de ces émeutes était sacrifier à cette bien-pensance de plomb.
Le philosophe adopte la même posture que Nicolas Sarkozy : alors que la liaison immigration/ insécurité /et identité nationale est si courante qu'elle devrait entrer comme expression toute faite dans le Petit Robert, ils continuent tous deux à critiquer un humanisme béat et démissionnaire qui serait la source de tous nos maux : ainsi un ministre de l'Intérieur qui a connu la plus grande crise des quartiers populaires il y a moins de 18 mois peut s'en prendre à la pensée "soixantehuitarde" pour expliquer encore aujourd'hui les affrontements qui dégénèrent. Ou critiquer une pensée bourgeoise et germanopratine alors que ses représentants les plus caricaturaux lui ont apporté leur soutien. Et à l'évidence, Nicolas Sarkozy et Alain Finkielkraut ont le plus grand mal à exprimer une pensée nouvelle et pragmatique dans des medias qui leur font la sourde oreille... Dans un petit livre réjouissant qui s'embarasse moins d'idéologie qu'il ne s'intéresse aux faits, le journaliste Sébastien Fontenelle explique comment Alain Finkielkraut trimballe un mépris insensé pour l'antiracisme - menace politique élevée au rang de ce que fut la déroute du communisme, s'il vous plait - confond quand ça l'arrange antisémitisme et antisionisme; tout en soutenant des antisémites notoires comme Renaud Camus quand ceux-ci sont attaqués par des ennemis pires encore, les "antiracistes" vous l'aurez compris. Finkielkraut tient des propos nauséabonds et se pose en victime dès qu'on les conteste, criant au procès et en réclamant presque un. Allez-y lapidez moi!que le tribunal de la pensée me condamne au terme d'un procès stalinien. Non Alain, le tribunal de la pensée se déclarera probablement incompétent à juger de telles inepties.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida