
Officiellement, l'UMP fait front derrière Nicolas Sarkozy face aux diverses polémiques qui ont éclatées ces dernières semaines. Loin des micros, la réalité est semble-t-il nettement plus nuancée. Et on dénonce de plus en plus l'autoritarisme du chef de l'Etat.
A en croire le Canard Enchaîné, la gestion des cas Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy centralise la rancoeur des élus UMP et des membres du gouvernement. L'hebdomadaire publiait mercredi une ribambelle de "offs", anonymes pour la plupart, de ministres excédés par les méthodes de l'Elysée. Les vacances sexuelles du ministre de la culture relatées dans ne passant pas : "quand je le vois, j'ai du mal à lui serrer la main. Sarko n'aurait jamais dû le prendre au gouvernement." La promotion de Prince Jean à l'Epad serait elle une "énorme connerie", en "contradiction avec le discours de campagne sur la méritocratie." Problème, personne n'ose "lui dire que la nomination de Jean était une mauvaise idée, par peur de se faire virer".
Toujours selon le Canard, François Fillon, en privé, jugerait également le pistonnage du fiston comme "une énorme faute" : "Cette polémique n'est pas bonne (...] à six mois des régionales. Et, surtout, elle donne une image catastrophique de Nicolas Sarkozy." Ambiance.
Ça grince en haut, donc, mais aussi à la base, du côté des militants UMP. Sollicités à partager leur réaction sur lemonde.fr, ces derniers n'ont pas mâché leurs mots pour livrer leur sentiment. "Le mode de gouvernance actuel est plus proche de Poutine que de De Gaulle", balance Nicolas R. "L'hégémonie de l'UMP nous amène à un stalinisme de droite", assène Christian T. "Tout ceci est au mieux digne d'une république bananière", juge Eric M.
Pendant ce temps, on veut nous faire croire que la fronde actuelle est orchestrée par une presse malfaisante, qui se lève le matin avec comme unique motivation de trouver matière à ternir l'image du président. On veut nous faire croire que l'élection de David Douillet dans les Yvelines (circonscription acquise à la droite) signifie que le peuple se moque de ces polémiques et approuve toujours la politique du gouvernement, au mépris des sondages qui indiquent le contraire. Mais quand la peinture commence à craquer, ça finit toujours par se voir.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco
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