A-t-on atteint le Point Godwin du sexe ?

01/06/2011 - 16h43
A-t-on atteint le Point Godwin du sexe ?

Le mot est lâché : pédophilie. Luc Ferry qui évoque chez Canal + un ancien ministre attrapé dans une orgie à Marrakech avec des jeunes garçons : le point de non retour a été allègrement franchi. Parce que la pédophilie, dans la sexualité, c'est un peu le point Godwin X, et alors que rigoler à propos de scatophilie, d'urophilie ou zoophilie, c'est possible, pas question d'aborder la sexualité avec des enfants comme une sexualité. Dans un échange, traiter son interlocuteur de pédophile revient un peu à le traiter de nazi. Et le pire, c'est qu'on a atteint ce point en France sans même nous en rendre compte, en franchissant une à une les barrières tellement françaises que nous attribuent la presse anglo-saxonne. Oui, en France, les politiques couchent à gauche et à droite et les gens s'en foutent. A l'époque du Monicagate, l'opnion se gaussait en pensant qu'une telle affaire n'atteindrait jamais notre beau pays, où les gens sont tellement attachés à leur vie intime qu'ils préfèrent ne rien savoir de celle des autres. Mais ça, on le sait, c'était en 1998. Depuis, il y a eu pêle-mêle la piscine du Loft, Sex & the City, le Pacs, les sextoys et en général, le déballage de la sexualité dans la sphère publique, qui fait que le Journal de la santé sur France 5 parle tous les jours de sperme et de vagin sans que personne ne s'en s'offusque. Et qui arrive alors, avec ses gros sabots de lourdingue amateur de soubrette ? Dominique Strauss-Kahn. La grande figure internationale réduite à un pervers du dimanche, ça nous a tellement choqués que, pour la première fois, un vrai scandale sexuel français fait la une de nos journaux et de celles du monde entier (130.000, paraît-il). "Stwos Kaaan" ou "Strrraous Can" ou "Strauss-Kahn", nous voilà finalement à nous demander si effectivement, en France, le fait de taire les perversions sexuelles de nos dirigeants ne ménerait pas tout simplement au viol. Arrivent alors deux jeunes femmes qui vont pousser la chose un peu plus loin. Celles qui portent plainte contre Georges Tron et ses fétichismes bizarres. A lire le détail des plaintes, on est partagé entre le besoin morbide de connaître le détail des pratiques (genre j'aime qu'on me suce tandis que je suce un orteil) et l'envie de ne pas en savoir plus, de fermer directement la page pour aller regarder Bob l'éponge. Là, le politique n'est plus seulement violeur par perversion, il trouve à la fois satisfaction dans le viol et les fantasmes de domination par les pieds. Et si seulement c'était le pire.Parce qu'en France, on aime débattre, même de l'utilité de la signalisation des radars. Et quand on débat de sexe ? Ben on finit par avoir un Luc Ferry qui parle d'un ex-ministre pédophile à la télé, sans preuves et sans citer de nom. Et dire que tout cela ne fait que commencer... Déchaînement des médias, déclaration des politiques, des associations, plaintes à foison nous attendent. Finalement, on n'était pas mieux, dans notre France libertine et bordélique ?

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