En exil depuis plusieurs jours dans une région totalement dévolue à la descente de bouteilles de vin et la dégustation de Fourme d'Ambert, je n'ai lu les voeux de Nicolas Sarkozy que cet après-midi. Globalement, le président ne rompt pas avec la tradition de l'emphase et du messianisme qui sied aux locataires de l'Elysée depuis charles De Gaulle.
Nous sommes donc "un vieux pays"(courtesy Dominique de villepin) ivre de valeurs séculaires mais sérieusement à la bourre et tétanisé par le monde qui vient. Curieusement, malgré le retard phénoménal que nous avons sur la marche pressée de nos contemporains, la planète entière attend tout de même que nous la guidions. "Alors, que la France montre la voie ! C'est ce que depuis toujours tous les peuples du monde attendent d'elle."
Dans un élan lyrique, Sarkozy appelle donc à une politique de civilisation, une Renaissance sans qu'on sache de quoi il retourne exactement mais qu'importe. Sarko le pragmatique a donc, derrière l'apparente ambition du propos, surtout joué la partition du président visionnaire et distancié qui se repait de formules pour l'histoire.
Les amateurs de voeux, dont nous ne sommes pas, n'auront donc pas été déçus par cette version respectueuse des moeurs présidentiels. Car dans un monde speedé et angoissant où l'urgence à faire n'a d'égale que celle du président à la rappeler constamment, dans un monde aveugle où les autres avancent d'un pas plus assuré que le nôtre, certaine de nos traditions restent nos phares les plus surs. Bienvenue en 2008 mes chers compatriotes.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida