
Dans un document de l'INA datant de 1975, intitulé "Anne Sinclair chez les misogynes", l'actuelle épouse de Dominique Strauss-Kahn se retrouve confrontée aux pires clichés machistes.
En cette fin d'année 1975, décrétée année de la femme par l'ONU, la télévision française consacre une émission à la sous-représentation du sexe féminin à l'écran. En plateau, Bernard Pivot introduit une série d'entretiens réalisés par Anne Sinclair avec trois hommes présentés comme des misogynes patentés : Marcel Julian, patron d'Antenne 2, Pierre Bellemare et Jacques Martin.
Ça démarre très fort avec Marcel Julian qui commente une photo où on le voit entouré de 19 collaborateurs : 18 hommes et 1 seule femme. "Non, ce n'était pas du tout prévu qu'il y ait une femme, je me demande encore qui c'est. On a beau fermé les portes, il y a toujours un accident."
S'il y aussi peu de femmes à la télévision, ce n'est pas de la faute des hommes, comme l'explique Pierre Bellemare : "C'est très difficile à trouver. Il y a quelques animatrices... ça ne me semble pas totalement un métier féminin."
N'oublions pas que les femmes sont par définition le "sexe faible", comme le rappelle Jacques Martin, alors présentateur du Petit Rapporteur : "Notre métier est vraiment un métier d'hommes. (...) Nous prenons tellement de risques pour faire nos sujets, j'aurais toujours peur qu'il arrive un accident à une femme."
Face à ces trois monolithes, Anne Sinclair ne se démonte pas, tente de les mettre face à leurs contradictions. "Ça c'est profondément misogyne", lâche-t-elle à Martin qui qualifie les veuves catholiques de "grandes vicieuses". 16 ans plus tard, elle épousera Dominique Strauss-Kahn...
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco
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