
L'édition Spéciale de Canal Plus a révélé lundi les premiers extraits de , le premier tome des mémoires de Jacques Chirac à paraître ce jeudi 5 novembre. Un ouvrage où l'ancien président de la République balance dur sur Valérie Giscard d'Estaing ou Edouard Balladur, lâche des anecdotes sur sa vie privée, mais se garde bien d'évoquer les nombreuses affaires qui ont émaillé sa longue carrière politique.
Passé le scoop (en fait déjà dévoilé par Christine Ockrent) sur son dépucelage avec une prostituée de la Casbah, du temps où il était dans la Marine, ou son penchant adolescent pour l'hindouisme, une certaine ambiance règlement de comptes prédomine dans ce livre de 500 pages qui s'arrête en 1995, année de son accession à l'Elysée. Ses coups les plus tranchants, Chichi les a gardés pour ses partenaires, plus que pour ses adversaires. En première ligne, VGE, dont il fut premier ministre (1974-1976) et à qui il voue une "rancune tenace et inépuisable."
"J'ai très vite compris que son échelle de valeur il y avait lui-même, tout en haut, puis plus rien et moi, très en-dessous", écrit Jacques Chirac qui raille le goût de Giscard pour la chasse au tigre et confirme les relations exécrables qu'il entretenait avec son président : "J'étais à peine consulté sur le choix des ministres. J'apprenais par la presse et la radio des décisions importantes." François Fillon s'y reconnaîtra...
Edouard Balladur, son adversaire en 1995, est lui présenté comme un "calculateur froid", en qui Chirac avait pourtant confiance. Avant de déchanter : "C'est à mon instigation qu'il est devenu Premier ministre en 1993. Un accord politique, ayant aussi valeur de contrat moral, était scellé entre nous". Balla lui déclarera au dernier moment ses intentions présidentielles. "Je n'aurai jamais d'explication d'homme à homme avec Edouard Balladur. Je ne l'ai d'ailleurs pas cherchée."
La trahison de Nicolas Sarkozy, qui fut son fidèle pendant des années, semble l'avoir plus affecté humainement. "Cette première défection ne me laisse pas indifférent", confesse JC. "Nicolas Sarkozy est à mieux plus qu'un simple collaborateur. Pendant 10 ans, sa ferveur, son enthousiasme ne me feront pas défaut."
François Mitterrand, qui lui fit essuyé une défaite douloureuse à la présidentielle de 1988, est en revanche couvert d'éloges. Un homme qui apparaît à Chirac "d'une finesse de jugement et d'une intelligence tactique que j'ai rarement rencontrées dans le monde politique." Révélation, Tonton l'aurait adoubé en août 1994 quelques mois avant de passer la main : "C'est votre tour, vous serez élu".
Pour les affaires, donc, il faudra repasser. Pas sûr qu'elles soient non plus au menu du second tome, prévu pour 2010. Ou alors revisitées à la sauce Chichi, sur le thème du "c'était une autre époque", "j'ai subit un acharnement judiciaire", etc. En même temps, qui s'attendait vraiment à ce que Chirac se tire lui-même des balles dans le pied...
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco