Pour Laurence Parisot, en France la richesse est bien partagée

18/04/2011 - 12h36
Pour Laurence Parisot, en France la richesse est bien partagée

 

La présidente du Medef a désapprouvé ce lundi la proposition de François Barouin de lier le versement de dividendes aux actionnaires à l'attribution d'une prime aux salariés.

 

Après le long entretien accordé ce week-end au Monde, la matinale de France Inter. Laurence Parisot fait la tournée des grands médias pour démentir l'idée que les richesses seraient inégalement distribuées en France.

 

Il ne s'agit pourtant pas du programme du NPA pour 2012 mais d'une proposition du ministre du Budget, qui avait même évoqué mercredi la mise en place d'une prime de 1000 euros, reprenant une idée défendue par Nicolas Sarkozy lui-même.

 

L'annonce de Barouin a toutefois été accueillie froidement, aussi bien par les économistes que par les syndicalistes qui considèrent le dispositif "inapproprié" ou "inégalitaire", et corrigée par Christine Lagarde. Laurence Parisot partage évidemment ce point de vue mais va plus loin en démentant le constat de départ.

 

A la question d'ouverture de Patrick Cohen, qui lui demandait ce matin sur France Inter si elle convenait que "la richesse en France était mal partagée", la patronne des patrons a répondu d'un "non" lapidaire avant de détailler le fond de sa pensée :

 

"Il y a des statistiques qui ne sont peut-être pas si faciles à comprendre quand on n'a pas eu la possibilité de faire un an ou deux de sciences-éco, mais ces statistiques sont très claires. Elles sont publiées par l'Insee et elles indiquent la modalité de partage de la valeur ajoutée dans notre pays. Ces dernières années, il n'y a eu aucune déformation de ce partage au détriment des salariés. C'est même le contraire (...)".

 

Or, lorsqu'on se penche sur ces fameuses statistiques de l'Insee, on constate que si la part des salaires est restée stable en 20 ans, un examen plus détaillé des chiffres nous apprend que les écarts entre salaires ont eux augmentés, creusant les inégalités que Mme Parisot ne souhaite pas reconnaître.

 

"Cela a contribué au sentiment de déclassement relatif du salarié médian, progressivement rejoint par le bas de l'échelle et fortement distancé par l'extrémité haute de cette même échelle", peut-on lire dans le rapport Cotis publié en 2009 par l'Insee. "C'est tout en haut de l'échelle, parmi les 10% de salariés à temps complet qui gagnent le plus, que les salaires ont le plus progressé".

 

En résumé, si le débat est ouvert sur le type de mesures à prendre pour lutter contre ces inégalités, il est difficile de nier que les richesses sont mal partagées en France. Qu'on ait fait ou pas un ou deux ans de sciences-éco...

Laurence Parisot par franceinter

Par Edouard Orozco

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