
Candidate à la succession de son père à la tête du Front National, Marine Le Pen recycle déjà la bonne vieille stratégie maison pour 2012 : renvoyer l'UMP et le PS dos à dos. Une alliance avec la majorité présidentielle n'est donc toujours pas à l'ordre du jour.
Invité de RMC ce mardi, la leader frontiste a ressorti les vieilles recettes peaufinées pendant des décennies par le patriarche Jean-Marie Le Pen. En gros, draguer les électeurs de tous bords ("je ne m'interdis pas de m'adresser aux électeurs qui sont originaires de la gauche"), en insistant sur la faillite des deux grands partis, surnommés "UMPS" dans la dialectique frontiste.
"Ces électeurs vont se rendre compte qu'en réalité l'alternance que proposent l'UMP et le PS est une fausse alternance, et ça dure depuis trente ans. Ils nous disent élisez-nous à droite, élisez-nous à gauche on va faire une politique différente. Mais la politique est strictement la même."
"Donc je comprends bien pourquoi ils ont envie de nous embrasser pour nous étouffer, le Front National, parce que nous sommes porteurs d'une vision qui elle est radicalement différente."
Marine Le Pen faisait là références aux discrets appels du pied formulés par certains élus UMP, comme Gérard Longuet ou Christian Vanneste, inspirés par l'alliance Berlusconi-Ligue du Nord qui a permis à la droite italienne de remporter les dernières élections régionales.
Une option qu'elle a clairement exclue malgré l'insistance de Jean-Jacques Bourdin : "Mais ce sont les électeurs de l'UMP qui vont se tourner vers le Front National, je vous le dis". Selon Marine Le Pen, "en l'état actuel des choses il est inimaginable que nous puissions nous rapprocher un tant soit peu d'eux. Il n'y aura pas de rapprochement avec cette UMP."
Alors qu'on lui prêtait un profil moins radical que celui de son père, qui se complaisait dans le rôle du seul contre tous, Marine affiche donc pour l'instant une intransigeance tenace. Bruno Gollnisch, son adversaire à la succession du FN, se montre lui légèrement plus ouvert, envisageant une alliance "à condition que l'UMP change totalement d'attitude et d'orientation".
"C'est à eux de changer d'attitude à notre égard et sur beaucoup de sujets (idéologiques). La balle est dans leur camp", a-t-il déclaré à Reuters. En 1998, Gollnish avait été à l'origine du report de voix frontistes en faveurs de la droite, qui avait remporté haut la main les élections régionales. Un accord sans lendemain qui a depuis refroidi les velléités de rapprochement entre les deux partis...
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco